Une fois n'est pas coutume, je vais m'écarter du domaine des séries, quoique, et m'intéresser à un film qui m'a particulièrement intéressé et inspiré. Un Jour sur Terre (Earth en anglais) est tiré d'une série de reportages diffusés sur la BBC. Comme quoi, les séries ne sont jamais très loin.

Sièges moyennement confortables, bandes-annonces et publicités incontournables, gamins bruyants : pas de doutes, je suis au cinéma. C'est une occurrence plutôt rare dans mon cas, il faut vraiment que quelque chose me fasse envie pour me convaincre d'entrer dans une salle obscure, surtout au mois de novembre. Le film coupable ? Un Jour sur Terre, dont les bandes annonces aux images grandioses m'ont convaincues, vaincues même. Ce que je sais du film : un espèce de documentaire genre Le peuple migrateur, plutôt engagé et accompagné d'un commentaire lourd. Un voyage d'un pôle à l'autre de notre bonne vieille planète bleue qui bien que n'intéressant pas les politiques, reste une star du cinéma.
Dès mon installation au fin fond du siège moyennement confortable, je reçois un premier signal qui présage d'une séance de torture plutôt que d'une séance de cinéma. Ce mauvais signe, c'est la présence derrière moi de quelques gosses âgés de 5 à 8 ans, particulièrement bruyant et dissipés, accompagnés des mères d'abord surprise par le début du film (le gros « nounours » de l'affiche les a trompé en les amenant à croire qu'il s'agissait d'un Disney), puis gênées par les questions et les exclamations incessantes et enfin, attendries par cette petite troupe de bambins certes loquaces, mais tellement mignons. Bref, ces 1h30 sont ponctuées de rires, de commentaires, de questions, sans aucune remontrance ni considérations pour le reste des spectateurs.

Difficile de les blâmer pourtant car le film va finalement rapidement confirmer que ces braves mères de familles n'étaient pas si loin du compte en amenant leurs troupes. En effet, on est, dès le début, abreuvé par le commentaire simpliste et infantilisant, lu par Anggun (très sympathique au demeurant). C'est l'énorme défaut du film. Peut-être pas le seul, mais le plus gros, le plus dérangeant. Celui qui pousse à vouloir couper le son et mettre de la musique pour le remplacer (celle de George Fenton, plutôt agréable, ou une autre au choix). Car Anggun ne s'adresse pas a des adultes mais bien a des enfants : outre l'émerveillement qu'elle véhicule, elle ponctue ses phrases de rires, ou d'intonations qui donne l'impression d'une mère lisant un conte à son enfant. Elle n'est pas la seule fautive cependant : afin sans doute de ne pas ennuyer les masses qu'il espère attirer, le film scénarise les images en une suite de d'anecdotes dignes de conte de fées ou d'histoires pour bambins justement : l'ourson et sa mère, l'éléphanteau et sa mère, les oisillons, etc. Forcément, les plus jeunes spectateurs ne peuvent s'empêcher de se rapprocher de ses jeunes animaux héros d'aventures grandioses, combattants l'adversité (que ce soit le prédateur ou le monde inconnu). Ce n'est pas un hasard d'ailleurs si aucune image de violence n'est montrée malgré la certitude quand à l'issue des face-à-face chasseurs/chassés (l'exemple le plus flagrant est par exemple la fin d'un plan juste avant qu'un jeune gnou ne se fasse terrasser par une lionne).
Et le film n'est finalement qu'une succession de scènes du même genre avec un aspect animalier largement plus développé que l'aspect géographique que j'attendais. Un jour sur Terre s'attarde longuement sur les animaux en délaissant parfois un peu trop leurs environnements. Ainsi, les plans de paysages et de lieux ne servent souvent que d'introductions à une « intrigue » tournant autour des occupants du lieu en question.

Que reste-t-il donc ? Pas grand-chose d'autre que des images simplement grandioses (les plans de la forêt tropicales, des baleines à bosses et des régions polaires sont particulièrement réussies). Un soin particulier a été apporté à la prise de vue qui a durée cinq ans, c'est le gros point fort du film qui fait que finalement, l'ensemble demeure agréable. Ces images suffisent-elles à sauver le film ? Pas complètement.
Il me reste une impression de grosse, grosse déception car je sais que le film aurait pu être bien mieux, et que je m'attendais à ce qu'il le soit. Le commentaire était largement dispensable, Le Peuple Migrateur a prouvé que la musique et l'image sont d'excellents narrateurs et n'ont pas besoin d'être encombré par la voix. De plus, dans sa surenchère, le film met en scène une suite d'anecdotes qui le transforment en un simple documentaire animalière pour enfant. Les réalisateurs n'ont apparemment pas saisi que l'anecdote n'était pas le seul moyen de raconter quelque chose mais que l'image et la musique, l'émerveillement qu'elle peuvent provoquer (surtout dans le cas présent) parlent d'eux mêmes. Dommage.
chrislink
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le 17 oct. 2010

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