Un compagnon d'infortune convainc le clochard Rothchild -sans le S- que son nom va les conduire à la fortune.
Passant de la parole aux actes, Pasquali (bon acteur méconnu) et Harry Baur forment un duo bien assorti, le petit malin et le colosse fruste, dont l'ascension illustre bien, dans ces années 30 marquées par les scandales financiers à répétition, l'adage qu'on ne prête qu'aux riches. Si le titre du film laisse envisager quelques saillies antisémites, conformément à la mentalité de l'époque, il n'en est rien dans son contenu.
La satire est acerbe mais n'est pas spécialement subtile ; elle est d'autant plus lisible que sa trame est similaire à celles de beaucoup de films de la période dénonçant les banquiers véreux, les banqueroutes frauduleuses et, surtout, comme ici, les fortunes fondées sur du vide. On trouve même un second rôle rappelant très ouvertement la "Banquière" Marthe Hanau.
Précisément, l'ignorant Rothchild se confronte à un panier de crabes, tous aussi méprisables les uns que les autres. Harry Baur fait le métier dans ce rôle néanmoins complaisant, dans le sens où son personnage passe vite d'une certaine imbécillité à la compréhension des arcanes de la haute finance. La conclusion est banale, pour ne pas dire faible, qui nous fait passer de la farce à une idée morale convenue.