Palme politique évidente pour Jafar Panahi, qui continue de filmer malgré l’interdiction, la censure et la prison. Un simple accident interroge la possibilité d’une réconciliation entre bourreaux et victimes dans l’Iran post-Femmes, vie, liberté, transformé en théâtre à ciel ouvert. Un film important, mais inégal.
Une fourgonnette, un désert, quelques intérieurs : voilà ce que Panahi filme en clandestinité pour évoquer tout un pays. Vahid, mécanicien et ancien détenu politique, croit reconnaître son tortionnaire à la jambe artificielle qui couine. Il l’enlève, le confronte, convoque d’anciens codétenus. Un tribunal improvisé se forme.
L’idée est forte, le film l’est moins. Très écrit, très bavard, Un simple accident s’enlise dans des dialogues sur-explicatifs, des appels téléphoniques interminables (qu’il serait peut-être temps de mettre en scène autrement), et une galerie de personnages trop archétypaux pour vraiment nous émouvoir.
Quelques touches d’humour déconcertantes, un plan-séquence fixe sur-vendu, un final inutilement ouvert… Malgré ses faiblesses, le film reste précieux. Ne serait-ce que parce qu’il existe.