Vivre avec le poids de ses traumas, se venger pour expulser la douleur et la haine, pour exorciser le mal. Au final, la vengeance, habitée par l'idée de faire payer le prix du sang ne se heurte-t-elle pas à un sentiment d'impuissance contre la violence du pouvoir ? La vengeance devient telle un poison qui consume autant que la souffrance vécue.
Sur une route semée de rencontres ou à bord d’un van, Panahi emboite les scènes de son petit théâtre humain où se débattent les personnages, face à une question fondamentale : faut-il punir, faire justice soi-même ou pardonner pour exorciser le mal enduré ? Mettre un homme dans un coffre, creuser un trou pour l’enterrer ou libérer leur possible tortionnaire ? En quête de réparation, les protagonistes tergiversent en se confrontant à un dilemme : leur désir de se venger ou faire appel à la justice et à leur sens de la morale, chercher la vérité ou devenir à la fois juge et bourreau. Pour le réalisateur, le cinéma est un acte engagé et humaniste, un acte de résistance. Il questionne autant la tyrannie du pouvoir que la juste réponse des victimes face à cette violence. Lorsque l’on sait que Panahi a tourné son film de manière clandestine à Téhéran, c’est un acte de bravoure.