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Soyons clair : à mon avis, Jafar Panahi est un mauvais cinéaste. Je n'ai jamais vu un BON film signé par ce réalisateur multiprimé (pour des raisons politique légitimes, là n'est pas notre sujet), qui n'a réussi à sortir de la médiocrité qui le caractérise qu'en pompant les coups de génie de Kiarostami (bon, j'admets qu'être contemporain de Kiarostami a de quoi vous filer de sacrés complexes). Le problème n'est pas que Un simple accident ait reçu la Palme d'Or, car il est louable d'utiliser le cinéma, et l'Art en général, pour son potentiel impact politique dans une lutte aussi nécessaire que celle qui nous oppose (ou devrait nous opposer) aux monstres qui règnent sur l'Iran. Non, le problème est que le film est littéralement désastreux : mal écrit, mal réalisé, pas très bien interprété, plein de clichés, théâtral et bavard quand il ne devrait pas l'être, ennuyeux au possible, une véritable purge de par son enchaînement illogique - bonjour le n'importe quoi dans l'intrigue et dans l'évolution des personnages ! - comme le ratage systématique de scènes qui auraient dû fonctionner, soit dans l'humour, soit dans l'émotion.
Alors pourquoi lui "donner la moyenne" ? Eh bien parce qu'il y a cette dernière scène, intense, magnétique, qui rattrape (presque) autant de mauvais cinéma : le sens du geste cinématographique - louable, indiscutable - de Panahi se trouve tout entier contenu dans ces dix minutes finales, douloureuses, incandescentes.
PS : ... Mais quand même, quitte à choisir un film politique, pourquoi n'avoir pas donné la Palme d'Or à une bombe comme Sirat ? C'est là une FAUTE qui discrédite totalement le Jury du Festival de Cannes 2025. Quand Panahi sera totalement oublié (dès que les Mollah auront été virés d'Iran, le plus vite possible on espère...), il sera difficile de comprendre ce qui s'est passé dans la tête des jurés en mai 2025.
[Critique écrite en 2025]
Créée
le 17 oct. 2025
Critique lue 399 fois
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