Cette réalisation iranienne aux reflets comiques marque la persévérance d’un peuple opprimé pour s’exprimer et s’opposer. Film tourné clandestinement dans les rues de Téhéran, le réalisateur nourrit la trame de sa propre expérience carcérale, et nous offre le tableau d'une ardente opposition au régime. Fort, mais les acteurs manquent cette étincelle pouvant cristalliser toute la tension dramatique requise pour hisser un accident en hasardeuse tragédie.
Cette escapade aux effluves vengeresses se conte par l’ombre et les contrastes de couleurs marquant les scènes nocturnes et auréolant les émotions et le doute. La réalisation se révèle simple mais étaye l’authenticité de l’œuvre et scelle le spectateur au cœur de cette bande, au plus proches des échanges et de l’épopée. La découverte de cette équipe improbable, martyrs d’un même état bourreau, s’électrise par une velléité commune de vengeance et enserre le scenario pour dévoiler, doucement, les séquelles laissées par le régime barbare.
La mise en pleine lumière — littéralement par des clairs-obscurs rouges vifs — des membres du régime, corrompus pour servir un faux guide suprême. La torture se fait sous le couvert de la religion ; Le coupable mérite et l’innocent s’élèvera martyr. Au revers, les tortionnaires, eux comme tout autre, ne sont qu’enchevêtrés dans les rouages de l’état, soulevant l’interrogation de la responsabilité individuelle dans un mal inhérent au régime.
Les parts d’ombre des personnages ne sont que trop peu marquées. Les séquelles de ce régime tortionnaire ne s’expriment que par une vengeance motivée par la colère, mais rattrapée par la lucidité. De plusieurs mois de torture, la vision du bien et du mal ne s’en sort pas altérée, la même naïveté passée, la même bonté restent ; Les doutes et les douleurs sont présents mais ne sont pas canalisés par les acteurs. Les scènes de tension nous apparaissent décalées, ce malheureux manque d’intensité dans l’émotion, dans la douleur, étiole l’une des scènes finales, sûrement l’une des plus importantes.