Née à Minsk, Mara Tamkovich est une journaliste basée en Pologne, autrice de deux courts-métrages, qui présente son premier long comme une œuvre politique, mais aussi un film sur les relations humaines et la dévotion. Certes, mais c'est avant tout un témoignage sans concession, à partir d'une affaire réelle, sur la situation en Biélorussie et la façon dont les droits humains sont bafoués, y compris auprès de journalistes indépendants qui ne font que leur travail d'information. Dans ce pays qui vit, comme le dit une chanson locale, sous un ciel gris et dont les robinets fuient, la tyrannie ne tolère pas la moindre opposition et le film de Mara Tamkovich en est une preuve éclatante. Filmé avec sobriété, mais d'une efficacité sans faille et avec une pression constante d'un suspense haletant, Under the Grey Sky possède la force d'un documentaire et y ajoute un aspect effectivement humain, notamment dans les relations entre un homme et son épouse emprisonnée et victime de l'arbitraire. La réalisatrice ne pourra jamais remettre les pieds en Biélorussie, tant que le régime ne changera pas et il est peu probable que cela arrive, mais le film est à sa manière un cri d'amour envers son pays natal et ceux de ses habitants qui résistent comme ils le peuvent et tant pis si les robinets continuent de fuir.