Quasi chef d'œuvre de Naruse pour ma part, film assez mineur s'il en est de par sa réputation inexistante en bien comme en mal mais qui regorge de tellement de vie et d'idée merveilleuses.


Sans spoiler, parce que cette révélation a découvrir est un plaisir particulier, la fin du film est une sorte de traité de réalisme comme pouvait l'être Acteurs ambulants plus tard en 1940. La méthode Naruseenne ne devient pas simplement une morale individuelle, mais une exposition des déterminismes et des vrais drames qui en decoulent par la contradiction ouverte des méthodes cinématographiques grammaticale et populiste du mélodrame. Encore et toujours cet envers d'un cliché filmé comme le fantasme en comparaison directe avec la "froideur" (le manque profond d'exhuberance qui n'est pas un reproche loin de là), ou pour l'illustrer ces longs travelling dans ce quartier malfamé de Tokyo englobant le tout dans une ambiance magnifiée de la nuit avant que, quand on en vient à ne filmer que le homme dans leur psychologie profondément, on atteigne la tristesse dure et réelle enfouie dans les désillusion justement, la désillusion que le fantasme mécanique d'avant ne soit qu'esthetique et ne transpire pas dans la vie elle même.

Naruse peut être, définitivement, un proto brechtien, tant il refuse l'attraction et la réfute en montrant sa contradiction suivant son application naïve.


La manière dont il filme la campagne est somptueuse mais jamais idéalisée. Sa beauté en devient étouffante tant in ressent le mal-être, l'impossibilité fondamentale d'y vivre pour la protagoniste. Toute cette question matérialisée de la recherche de vie, partant d'un endroit mort pour de retrouver dans l'effervescence de cette vie cherchée jusqu'à se rendre compte qu'elle n'est qu'un piège travestit pour une femme seule venue s'échouer en ville, tout ça est absolument génial. L'impression d'assister à la fin de la vie à partir du moment où elle rentre dans ce bar à hôtesse, la condamnation à finir ses jour ici comme les autres, parce que la vie ne lui a pas permit de naître dans un millieu plus encleint à la préserver des dents assérée de la destinée sociale, destinée combattu plus tard chez Naruse par des héroïnes remplies de dureté (L'éclair, Le grondement de la montagne et surtout Frère aîné sœur cadette dont l'héroïne devenue prostituée semble être l'évolution impitoyable de l'héroïne de Une avenue au matin). On sent visuellement, via cette ambiance de vide fantomatique de cette rue poisseuse entourée d'usine avec quelques épis cyniques rappelant sa terre natale à l'héroïne, qu'elle a échouée à l'angle de l'histoire, après avoir vu le faste effervescent de Tokyo.


Tout ça est foncièrement beau. C'est un film génial et un des meilleur Naruse, si ce n'est le meilleur Naruse de cette période, et au delà de ça, un des meilleur Naruse méconnu, ce qui en fait un paquet derrière lui.

Abrom
9
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le 8 mai 2023

Critique lue 19 fois

Abrom

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