N'aimant ni les comédies ni le foot, qu'allai-je donc faire dans cette galère ? Eh bien, de temps en temps, je vérifie si j'ai bien toujours les mêmes goûts. On ne sait jamais. Je n'aimais pas le chou quand j'étais petite, et à présent, si. Comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, selon le dicton, je me donne parfois une chance de ne pas mourir idiote. Sauf que ça n'est pas encore cette fois que je vais me réconcilier avec la comédie ou le foot. Je commence par la première : voici une sorte de "feel good movie" à la française, censé filer la banane au spectateur à coups de bons sentiments et de finale positif. Soit; mais les péripéties traversées par les personnages ne font pas vraiment frémir (un club minuscule serait relégué dans une catégorie microscopique s'il ne marque pas un but de plus avant la fin de la saison... on est loin des enjeux du réchauffement climatique, quand même), les blagues tombent à plat (il ne faut pas prendre comédie dans le sens "film qui fait marrer", visiblement, parce qu'on sourit à peine), et les personnages frôlent souvent la caricature. On sent l'intention des scénaristes sans jamais bénéficier d'effets secondaires positifs. Peuvent mieux faire, dirais-je. Le film ne dispose visiblement pas de gros moyens, les acteurs sont sympas mais ne livrent pas là la performance de leur vie, et l'histoire ne palpitera pas forcément les foules. On se demande sur quels atouts les producteurs ont voulu miser. Kad Merad ? Dans le genre poussif, il se pose là. D'ailleurs, il a fallu couper toutes les scènes où il se met à trottiner (ce qu'exigerait par moments son rôle d'entraineur de foot, quand même)... j'ai passé mon temps à me demander s'il s'était flingué les ligaments croisés ou fait une entorse avant le tournage, ça distrait un peu. Et il abuse de son air de bon briard, qu'on aimerait voir s'animer un peu parfois, pour ne plus avoir l'impression d'un film en stop motion. Autour de lui, ça pépie et ça rigole, dans l'équipe féminine, heureusement, car ce sont elles qui mettent toute l'ambiance. En contrepoint, les maris rasent la moquette en vol serré, caricaturaux à souhait, et peinant à donner à leurs personnage le moindre relief. Il en faut, de la patience. Et puis après, il y a le foot. Et ses supposées valeurs, gangrénées par une misogynie de supérette, dont le danger est de la montrer comme constitutive de la mentalité du français moyen (moins moins) et finalement plutôt sympathique. Ces machos bas de gamme sont jaloux, possessifs et pathétiques, mais aucun n'est aussi teigneux, agressif et pour tout dire dangereux que dans la vraie vie, ce qui risque de laisser croire que le machisme est un défaut véniel, qu'on peut corriger assez facilement en laissant le type se débrouiller cinq minutes avec les enfants qu'il faut nourrir. Les femmes qui meurent tous les deux jours sous les coups de leur conjoint violent n'auraient pas vraiment souri non plus devant l'évocation édulcorée d'une phallocratie bon enfant, vue comme la maladresse de types immatures qui ont de vrais sentiments pour leurs épouses... Bref, ni sur la forme ni sur le fond ce tout petit film gentillet ne convainc vraiment.

Créée

le 26 juin 2021

Critique lue 171 fois

Critique lue 171 fois

1

D'autres avis sur Une belle équipe

Une belle équipe

Une belle équipe

7

AlexandreAgnes

1016 critiques

On refait le match !

Je descends suffisamment souvent (presque systématiquement, en fait) les films dans lesquels se commet Kad Merad pour savoir reconnaître les exceptions ; Une belle équipe fait partie de...

le 17 janv. 2020

Une belle équipe

Une belle équipe

5

QuentinBombarde

173 critiques

Une Belle équation

La comédie populaire française est un genre plutôt codifié, et ce n'est pas l'équation qu'est Une Belle équipe qui viendra prouver le contraire. Le film délaisse ses personnages et tous ses enjeux...

le 19 janv. 2020

Une belle équipe

Une belle équipe

5

wonderalice

2 critiques

Critique de Une belle équipe par wonderalice

(Attention je vais spoiler) Mouais, divertissant mais clairement ça manque d'enjeux. À la fin on se dit "tout ça pour ça..." : les machos ont à peine changé d'avis, les femmes desdits machos restent...

le 11 mars 2021

Du même critique

Watchmen

Watchmen

5

ChristineDeschamps

2255 critiques

Critique de Watchmen par Christine Deschamps

Il va vraiment falloir que je relise le somptueux roman graphique anglais pour aller exhumer à la pince à épiler les références étalées dans ce gloubiboulga pas toujours très digeste, qui recèle...

le 18 déc. 2019

Chernobyl

Chernobyl

9

ChristineDeschamps

2255 critiques

Critique de Chernobyl par Christine Deschamps

Je ne peux guère prétendre y entendre quoi que ce soit à la fission nucléaire et, comme pas mal de gens, je présume, je suis bien contente d'avoir de l'électricité en quantité tout en étant...

le 9 sept. 2019

Tuer l'indien dans le cœur de l'enfant

Tuer l'indien dans le cœur de l'enfant

8

ChristineDeschamps

2255 critiques

Critique de Tuer l'indien dans le cœur de l'enfant par Christine Deschamps

Civilisation : "État de développement économique, social, politique, culturel auquel sont parvenues certaines sociétés et qui est considéré comme un idéal à atteindre par les autres." Cela ne...

le 16 avr. 2021