On aurait pu s'attendre à une histoire sirupeuse, emplie de roses et de violons, où des protagonistes évolueraient théâtralement dans un décor de guerre. Il n'en est presque rien.

Lorsqu'une bouteille lancée sur les rives de la mer Méditerranée s'échoue sur une plage de Gaza, une longue correspondance s'engage entre Tal, jeune française âgée de 17 ans et Naïm, "l'homme de Gaza", la vingtaine. Rapidement, les deux jeunes gens apprennent à se connaitre, parfois réticents mais toujours dévorés par la curiosité. Du coté de Jérusalem, Tal, l'adolescente un brin rebelle assiste avec effroi aux nombreux attentats au sein de sa ville, et s'enquit chaque jours des bombardements frappant la Bande de Gaza. Naïm, moins ostensible, ponctue sa vie de jeune travailleur familial par des études de français à l'ambassade de France la plus proche. Peu à peu, Tal et Naïm se rapprochent, bravant la censure, la famille et la torture.

Cependant, Une bouteille à la mer n'est pas un énième récit de conflit. Le film de Thierry Binisti ne s'enfonce pas dans les problèmes politiques et sociaux des rivalités israélo-palestiniennes, les lieux et les situations ne font qu'office de toile de fond pour une romance entre deux jeunes séparés par la culture et la religion. Sur le principe du documentaire, le récit se déploie au travers du regard des protagonistes, et le réalisateur aborde et clôt son œuvre sans imposer aucun point de vue politique sur telle ou telle autorité.

Si l'intrigue échappe subtilement au traitement dégoulinant de mièvrerie que l'on pouvait attendre, c'est de loin grâce aux performances des acteurs principaux, et plus particulièrement au jeu de la jeune Agathe Bonitzer. Le visage de cette dernière, marqué par une certaine réflexion et une bonne dose de maturité, ne laisse à aucun moment tomber son personnage dans des clichés adolescents : Tal a bel et bien la tête sur les épaules.

L'adaptation du roman de Valérie Zenatti reste sobre et naturel, sans artifice et sans excédent : Une Bouteille à la mer ouvre une parenthèse d'optimisme dans un pays où les combats font rage.
Pointofview
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le 7 mars 2012

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