Dans la famille chose (ils gardent l'anonymat, on les comprend), le fils aîné vient de se marier (tout le monde, stoïque, l’entend consommer l'évènement), mais il ne tarde pas à se lasser de son épouse et s'acoquine avec une serveuse dominatrice (elle en a pas l’air comme ça…). En attendant qu'il lui revienne, son épouse tue le temps en déniaisant le fils cadet. Quand à la fille, peu emballée par l’institution du mariage (la fin de la vie selon elle), découragée par le peu de perspective professionnelle quand on est une femme dans le Japon des années soixante, entame une carrière dans un sex sauna. Il n’y a que le père qui ne se mette pas à l’horizontale, il préfère rêver à sa défunte épouse, dont il retrouve les traits dans n’importe quel visage féminin. Tout ça sonne miikesque, mais Suo gomme tout le potentiel glauque de l’histoire, signe de bien belles images et distille un certain humour à travers ses clins d'oeil bienveillant à Ozu ; caméra au raz du tatami, cadres dans le cadre et cadrage frontal, dialogues triviaux, couleurs pastels, trois petites notes de musiques par ci par là, et ce personnage du père, peu loquace (soo ka ? soo desu ka?), tranquillement nostalgique et amateur de saké. Éminemment sympathique. (vu en 2021)