"The sanctity of the institution of marriage and the home shall be upheld."
C'est en tout cas ce que dit le code Hays, ce fameux code d'auto-censure qui règne en maître sur la morale hollywoodienne depuis 1934 (en tout cas dans les faits), mais il n'est règle qui ne trouve son exception, ni filet dont une fine mouche ne saurait s'extraire...
Ce qui est le plus étonnant, finalement, c'est que ce film qui passe le saint sacrement du mariage à la moulinette n'est pas une petite production anecdotique, mais bien une grosse machine prestigieuse de la MGM, nommée aux oscars avec quatre de ses plus grosses stars au générique.
Dans la vraie vie, nos quatre amis s'échangent les couples, ce qui va très bien avec le thème du film, d'ailleurs. William Powell est alors fiancé à Jean Harlow, qui mourra l'année suivante, à seulement 26 ans, et ce vieux pervers de Spencer Tracy profite du tournage pour entamer une nouvelle fois une liaison secrète avec la très ravissante Myrna Loy...
Avouons tout de suite que le film possède quelques défauts mais se déguste malgré tout avec un plaisir certain. Histoire douteuse de journalistes essayant de piéger une jeune héritière pour éviter un procès, Une fine mouche vaut surtout pour le plaisir de retrouver une cinquième fois (sur quatorze) le merveilleux couple de L'Introuvable, et cela suffit largement à mon bonheur, surtout si l'énorme Walter Connolly renforce ce charmant casting de tout son poids en père pêcheur de la belle.