En 1986, sans casser le box-office non plus, Righting Wrongs de Corey Yuen est un succès à Hong Kong, rapportant un peu plus de 10M$HK. Une suite est mise en chantier rapidement par la Bo Ho Films Co. de Sammo Hung, pour la Golden Harvest, mais exit Corey Yuen à la réalisation, ce dernier se contentera de produire et de chorégraphier cette suite, aux côtés de Mang Hoi qui lui sera chargé de mettre en scène le film, son premier à ce poste. Sa seule autre réalisation sera The Tantana deux ans plus tard. Lors de mon premier visionnage d’Une Flic de Choc 2 au début des années 2000, j’étais resté sur une impression plutôt mitigée, avec des scènes d’action qui valaient certes le coup d’œil, mais un film dans son ensemble largement au-dessous du premier volet. Mais le VCD à l’image dégueulasse et aux sous-titres blanc sur blanc n’avait clairement pas aidé à apprécier le spectacle. La sortie du titre en blu-ray chez Le Chat Qui Fume est l’occasion de lui donner une deuxième chance. Et vous savez quoi ? Oui, Une Flic de Choc est clairement bien au-dessus, mais ce deuxième film, qui n’a au final que peu à voir avec le premier, et finalement pas désagréable, loin de là même.
Comme dit en introduction, nous ne sommes pas réellement dans une suite du premier film. Rien que le personnage de Cynthia Rothrock ne porte pas le même nom, Sandy dans le premier, Cindy dans celui-ci. Mais ça s’est souvent fait à Hong Kong, encore récemment avec des sagas comme White Storm ou Shock Wave, de faire une suite qui n’en est pas une mais qui reprend certains acteurs du ou des précédents films, dans d’autres personnages. L’intrigue est mince, l’histoire un peu invraisemblable, mais clairement suffisante pour ce genre de bobine d’action. Mais là où le scénario se différencie pas mal de celui du premier film, c’est qu’il y a ici une bonne dose d’humour et de moments légers, même si tout ne fonctionne pas à ce niveau-là. Autant certains gags marchent parfaitement (la « guérison du personnage de Roy Chiao, la scène avec les faux yeux), autant d’autres tombent à plat (la scène des fausses photos de membres coupés). Mais il faut avouer que de nombreuses scènes permettent d’esquisser des sourires. Par contre, le film se déroule clairement en deux parties distinctes que le scénario a du mal à relier entre elles, ce qui lui donne parfois un côté un peu artificiel, bien que le casting soit bien présent dans ces deux parties. Une Flic de Choc 2 a été commencé en 1987, interrompu, puis terminé bien plus tard. On peut d’ailleurs voir les cheveux de Cynthia Rothrock passer du blond vif au bond foncé en cours de film. Ceci explique peut-être cela. Du coup, il faut avouer que la première moitié du film, bien qu’il y ait un peu d’action, soit parfois un peu longuette, mais l’ensemble va se voir rattrapé par une seconde moitié bien plus dynamique avec des bastons qui y sont essentiellement concentrées.
Ces scènes d’action sont de très bonne tenue, le duo Mang Hoi / Corey Yuen arrivant sans problèmes à tirer le meilleur parti des artistes martiaux du film. Les chorégraphies dans un pur style de cette époque, rapides, nerveuses, souvent brutales, avec des cascadeurs qui en prennent plein les dents et qui se balancent sur tout ce qu’ils peuvent. C’est souvent inventif, avec des mouvements parfois très complexes qui semblent pourtant si faciles à réaliser par le casting. Et c’est clairement l’attraction principale du film. Rien que la première scène avec Cynthia Rothrock en train de dérouiller une 20aine de sbires dans une usine, en grande partie sur un échafaudage en bambous, vaut le visionnage, avec cette folie (ou cette inconscience, c’est selon) qui caractérise le cinéma de Hong Kong de cette époque. L’affrontement bien brutal entre Chin Siu-Ho et Billy Chow et le long final en plusieurs parties impliquant entre autre un excellent Jeff Falcon (The Inspector Wears Skirt) sont eux aussi de très haute volée. Le casting est éminemment sympathique pour qui aime un tant soit peu le ciné HK de cette époque avec des noms tels que Mang Hoi, Tai Bo, Wu Ma, Chin Siu Ho, Melvin Wong et Roy Chiao (tous deux déjà présents dans le premier film) ou encore Billy Chow et sa tête de tueur. A noter la présence du réalisateur Ronny Yu (Bride With White Hair) dans le rôle du grand méchant patron sadique. Mais tous ne sont pas très bons à l’instar de Cynthia Rothrock qui est clairement meilleure combattante qu’actrice.
Bien qu’Une Flic de Choc 2 soit imparfait, on ne peut s’empêcher de le trouver charmant. Il n’a certes pas l’impact d’Une Flic de Choc premier du nom, mais il demeure néanmoins un agréable divertissement aux très bonnes scènes d’action.
Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-une-flic-de-choc-2-de-mang-hoi-1989/