Deuxième rencontre avec la carrière parlante de Barnet après avoir découvert assez circonspect il y a des années le pourtant très apprécié Au bord de la mer bleue. Une fois, la nuit possède une certaine parenté avec ce dernier avec un synopsis assez proche et un ressenti pour le moins dubitatif face à une interprétation pénible où la psychologie des personnages et leur comportements sont souvent arbitraires ou illogiques, comme pour mieux s'adapter à des conventions mélodramatiques teintés de propagande. Irina Radchenko joue ainsi tellement l'innocente candide qu'elle devient une d'autiste hébétée ne connaissant qu'une expression. Les aviateurs qu'elles hébergent ne sont pas mieux lotis et changent de nature d'une scène à l'autre, comme s'ils devaient s'adapter au nécessité du scénario et non l'inverse.


Reste une facture visuelle heureusement plus stimulante, qui ne sauve pas d'un ennui passif, mais qui offre quelques brillants éclats : ce stupéfiant décor de la ville en ruine tourné dans un quartier qu'on devine réellement bombardé, une réelle maîtrise du cadre et de la photographie (dénué de continuité dans le montage cela dit) et quelques séquences d'une noirceur incroyable comme celle dans le cirque où un officier laisse un résistant finir son discours devant les habitants réunis dans les gradins pour mieux les faire fusiller froidement lorsqu'ils se lèvent pour applaudir. C'est traité en quelques plans fugaces, détournant habilement un budget inexistant avec une photographie extrêmement sombre, sans plans larges et avec beaucoup de hors champ. Quand il s'agit de représenter les soldats allemands, les russes ne badinent pas avec la cruauté !
Je me demande d'ailleurs s'il ne s'agit pas du premier film de guerre soviétique tourné durant le conflit que je vois.

anthonyplu
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le 21 janv. 2018

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