Claude Sautet était un homme visiblement loyal. Il avait promis à son actrice fétiche Romy un film de femmes pour ses 40 ans, il a tenu parole en 1978 avec ce film singulier. Singulier car imparfait, on devine que le duo Sautet/Dabadie ont du batailler sévèrement pour donner corps à des personnages féminins après une multitude de films chargés de testostérones machistes et misogynes via une multitude d’excellents films campés par les Montand, Piccoli, Reggiani, Depardieu, Frey et consorts. Jadis les rôles de femmes étaient secondaires, dans le film qui nous occupe Bruno Cremer et Claude Brasseur, tous deux excellents n’ont aucun mal à rivaliser avec l’escouade de comédiennes, en vrac outre Romy, Sophie Daumier, Eva Darlan ou Arlette Bonnard et Francine Bannier. Reste que le sujet est banalement anecdotique, comme dans tous films de Sautet, on fume partout, il pleut tout le temps, on boit du vin toute la journée, on concède des situations absurdes et des baffes de la gueule en pleine rue après une peine de cœur (Brasseur rossant Romy par dépit). Un cinéma pour le coup passéiste et ressemblant un peu plus à une envie de respecter sa parole donnée que d’escompter raconter une histoire, fut-elle simple.