Des choses gentilles à dire sur ce film
Quelle drôle de collection que V/H/S. Bizarrement, après cinq films (V/H/S/85 est le sixième de la série), on arrive autant à identifier le truc qu’à se demander comment. Comment peut-on réussir à relier des trucs qui n’ont d’autre point commun que l’esthétique du found footage ? Comment V/H/S peut-il encore s’appeler V/H/S alors que l’idée de la V/H/S en tant qu’objet semble disparaître d’un épisode à l’autre -si l’on fait fi des artifices de neige, de résidus d’enregistrements précédents, de sauts d’image qui sont funs mais qui ne sont pas exploités autant qu’ils le mériteraient- ? Comment la franchise continue à vivre après 5 (et maintenant 6) volets marqués par l’irrégularité la plus totale ou le très bon est masqué par le très très mauvais et le très mauvais met en valeur la moindre idée inattendue ?
Avec le premier V/H/S du nom, V/H/S/85 est le plus lisse de la série. Il n’y a pas de segments scandaleusement mauvais... mais il n’y a pas non plus de segment qui appelle un petit wow ou un c’était exactement ce que je voulais voir satisfait comme les Safe Haven, Slumber Party Alien Abduction, Parallel Monsters, The Subject, To Hell and Back Again qui parsèment les volets intermédiaires.
Ici rien ne se démarque vraiment ou presque. Un segment éclaté de David Bruckner qui met en scène une équipe de scientifiques dans le sillage de certains univers web du genre fondation SCP et autres backrooms plutôt sympa sans être marquant. Une déclinaison de REC avec une équipe de télévision mexicaine prise dans le tremblement de terre de Mexico de 1985 qui tente de sortir un peu du cadre mais reste maladroite. Un écho de Scott Derrickson à Black phone du même Derrickson sous forme d’enquête policière dans laquelle Freddy Rodríguez, qui joue un flic si ce n’est couillu au moins expérimenté de roman noir, a l’air d’un gosse déguisé en adulte, tout petit dans des vêtements trop grands et affublé d’une moustache qui semble fausse. On en fait vite le tour.
Seule petite surprise, le double sketch de Mike P. Nelson, No Wake/Ambrosia dont la première partie, classique, au début du moins, s’attarde sur un groupe de jeunes aux airs de chair à machette de psychopathe pris en chasse justement par un tueur autour d’un lac et la seconde dépoussière le mythe de la famille de dégénérés... et de l’arroseur arrosé. Le découpage inattendu, le détournement des codes, la pointe d’humour et l’utilisation futée d’un pistolet à eau donnent un peu de souffle à l’ensemble et permettent de garder un petit sourire en coin une fois le film terminé.
Au final, V/H/S/85 n’a rien de transcendant, ni rien d’irritant, c’est de l’oubliable, mais de l’oubliable plutôt sympa.
Hum... ce film ne compte assez d'ingrédients pour jouer au bingo avec une grille de 36 cases, mais voilà quand-même les 10 ingrédients repérés
Personnage > Agissement
Compte jusqu’à trois (ou cinq) – Simule un accouplement/une pipe/branlette (gag/raillerie)
Personnage > Citation
S’inquiète > « Oh mon dieu ! »
Réalisation
Plan > Inserts d’images de caméscope/smartphone/d’écrans de télé/vidéosurveillance – Transition meurtre sauvage/activité triviale avec une continuité au niveau du mouvement, des accessoires etc.
Réalisation > Accessoire et compagnie
Combinaison Hazmat – Porte protégée par un système de reconnaissance sophistiqué (empreinte, rétine...)
Scénario > Blague, gag et quiproquo
Pipi, caca, prout
Scénario > Situation
Situation > Moment « Woo-hoo ! »
Thème > Sexisme hostile à l’égard des femmes
Objectification sexuelle > Nichons, fesses
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Barème de notation :
1. À gerber
2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées
3. On s'est fait grave chier
4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là
5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas
6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu
7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème
8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème
9. Gros gros plaisir de ciné
10. Je ne m'en lasserais jamais