J'ai découvert dernièrement l'oeuvre de Monteiro, qui est sans doute une des plus originales qui m'ait été donnée à voir. Monteiro s'y met en scène jouant Vuvu, un joyeux veuf lisboète retraité qui cherche à retrouver des petites touches de féminité ça et là dans son appartement, quand les livres n'arrivent plus, seuls, à lui tenir compagnie, par les secrets qu'ils recèlent. Il parvient donc à tromper la solitude en employant des jeunes femmes de ménage à ne rien faire, sauf participer à ses vifs enthousiasmes qui constituent un riche ensemble de tirades mêlant littérature, histoire, culture populaire et humour salace.
Et c'est une performance sans égal.
Monteiro nous berce et nous fait en outre découvrir une Lisbonne calme des parcs et des lieux de vie, des transports publics et des restaurants, nous faisant participer au va et vient visuel et sonore d'une ville. Une tranquillité de patriarche appartenant à sa ville, qui tranche de façon surprenante avec la vie intérieure de son appartement qui regorge de conversations, de chants de danses empreintes de folie espiègle d'un vieux sage respectueusement obsédé sexuel.
J'ai aimé ce film car il m'a fait penser à mon grand-père, lui aussi d'esprit libre et d'humeur de conteur, passionnant et énigmatique.
Je regrette néanmoins de ne pas connaître la langue portugaise pour en comprendre toutes les astuces.