Attention! Oui, attention à toi!
Je te vois déjà pouffant de rire devant cet énième navet, que tu juge a priori.
Et a priori ça rime avec pilori, et tu voudrais déjà exposer ce film sur la place publique, histoire que chacun puisse se rendre compte que la mythologie vampire, ça va un moment mais il ne faut pas faire n'importe quoi avec.
Quand même, un peu de respect, diantre!
Quand même, un peu de tenue, t'esclafferais-tu!
Mais tu as tord mon jeune ami, voui tu as tord!
Là où satyre, ça fait mal.
L'auteur du scénario ne se sert du décorum vampire qu'à des fins pédagogiques, voire pour nous livrer un scénario convenu travesti sous d'épaisses couches de maquillage blanc.
En effet bien qu'explorant les méfaits du bizutage dans le cadre scolaire, le scénario n'est ni plus ni moins qu'un thriller où l'on doit découvrir qui en veut à la belle blonde et pourquoi donc lui en veut-on.
Cela aurait pu être une triste affaire d'assassinat pour récupérer une place due au comploteur, mais n'est ce point plus attrayant pour attirer plus de public, que de placer son récit dans un monde nocturne, où les Royales Canines de ces mystiques créatures sont un accessoire de second plan.
Car non content d'exploiter un filon juteux, le scénariste a dû se dire qu'un peu de magie permettrait de conquérir le coeur des fans de la franchisse exploitée par la Warner.
Mais si, tu sais, le truc qui est censé être l'adaptation des aventures d'Harry Potter.
Nous voilà donc dans un univers où de gentils vampires étudient la magie, parce que c'est cool, et puis qu'on peut pas s'en servir contre les méchants vampires.
Non pour les méchants vampires, il y a des gardes du corps, mi-humain mi-vampire, qui sont entrainés sur place. Ce qui fait des économies.
Et en plus ils sont disponible 24/7 30 par mois.
Ah, nous y voilà, ce sont des étudiants et plus précisément des adolescents.
La cible est donc clairement définie, et tu regardes le film de haut parce qu'en tant que cinéphile tu es bien au dessus de ça. Que tu crois!
Parce que oui, tu n'as pas compris le film.
Bon en même temps, compte tenu que tu as d'énormes a priori à son sujet, tu l'as pas vu, ce qui forcement gène ta compréhension globale de l'oeuvre.
Bien, tu me connais, je suis un mec sympa et j'voudrais pas que tu penses que je te force à regarder le film pour le comprendre...
Donc, je m'en va t'expliquer le fond du film, et peut-être, je dis bien, peut-être qu'ensuite tu auras envie de reconsidérer ton point de vue à son sujet.
Soda, c'est ados à l'envers mais c'est aussi l'anagramme de sado.
Tu le sais très bien, être un adolescent au lycée c'est la jungle.
Non la jungle, avé l'accent anglais!
Tu t'absentes un an avec ta BFF et ton boyfriend t'as remplacée par une pouf, mais trop cheum tu vois?
Genre, petite, cheum et teigneuse.
Le genre à te faire des blagues pas drôle et surtout sales.
Comme des menaces sur les murs avec du sang.
C'est quand même dégueulasse, ne trouves-tu pas?
C'est par ces diverses menaces à répétition que le film souligne à quel point le bizutage, ou bullying en english, car le terme anglais sied mieux je trouve, c'est mal.
Tu te vois toi éventrer un renard pour faire peur à l'ex de ton petit ami?
Tout ça va trop loin et le film le montre bien.
Mais le film va plus loin.
Ces jeunes coupés du monde n'ont qu'une envie : surfer sur facebook via leur iphone et utiliser des hashtags!
Leur vie est si dure, qu'on peut facilement y voir une critique de la Chine et autres pays balisant l'usage d'internet de la plus vile des manières qui soit...
Mais le film va encore plus loin!
Le coeur de la cible visée doit se reconnaitre dans les personnages du film, c'est pourquoi ce sont des adolescents, mais sous couvert de lui faire dépenser son argent en pop-corn et dans une place de cinéma que beaucoup devront payer à crédit, le film tente de sensibiliser le jeune.
Nous l'avons vu avec la maltraitance entres élèves, et c'est louable, mais le film rappelle qu'il est important de bien écrire.
En effet, même lorsque l'on peint un message de menace avec son sang sur le mur de la chambre de sa rivale, avoir une orthographe parfaite évite de te faire passer pour une conne finie.
Bah voui, beware c'est en un seul mot eh patate!
N'est-ce pas un bel effort que celui de sensibiliser le jeune à ce qui semble être le mal du siècle? Après la pauvreté, le mal de dos, la faim dans le monde, la crise et bien d'autres choses bien entendu, mais quand même, songes-y!
Un mal qui le touche directement?
Je veux dire, n'est ce pas un exploit que d'attirer sournoisement le jeune dans une salle obscure où il pense pouvoir passer du bon temps et où il va prendre des cours d'orthographe à la place!!??
J'en suis tout chamboulé.
xoxo