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Budget limité
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le 24 oct. 2024
J’ai abordé Vampire Hunter D : Chasseur de vampires avec un léger décalage, ayant déjà vu Bloodlust auparavant — ce qui, rétrospectivement, n’était sans doute pas l’ordre idéal. Cela dit, ce premier film permet de mieux saisir certaines bases de l’univers, notamment dans sa manière d’installer une ambiance et un monde singulier.
Ce qui frappe d’emblée, c’est l'identité visuelle. Le film s’inscrit pleinement dans une esthétique typique de l’animation japonaise des années 80-90 : une palette de couleurs, un grain, un style de character design et d’animation qui évoquent immédiatement cette période. Ce côté rétro (old school) ne m’a pas rebuté — étant relativement coutumier à ce dernier — même si je suis, aujourd’hui en tout cas, plus à l'aise avec les standards visuels modernes.
Sur le plan sonore, la bande originale m’a laissé assez indifférent. À l’exception notable de la musique accompagnant le départ de D dans la scène finale, qui fonctionne bien émotionnellement, le reste tient surtout de l’accompagnement d’ambiance : ni particulièrement marquant, ni réellement dérangeant. Elle remplit correctement son rôle, sans plus.
L’un des points les plus réussis du film, à mes yeux, reste son ambiance. L’introduction avec Doris Lang est particulièrement efficace : la chasse nocturne, le jeu de lumière, les décors, les effets sonores, puis l’apparition de Magnus Lee — tout converge pour installer une atmosphère à la fois paranormale et oppressante. Là où Bloodlust me semblait parfois plus léger sur cet aspect (c'était plus fantaisiste/fantastique que paranormal), ce premier film d'animation insiste davantage sur le côté paranormal et inquiétant de son univers.
L'ambiance retranscrit proprement le monde hybride singulier de cet univers fictif — à la fois technofuturiste, post-apocalyptique et horrifique — qui constitue l’une des signatures de la saga.
Du côté des personnages, on retrouve une structure assez classique. D reste fidèle à lui-même : taciturne et distant, avec cette particularité révélée ici de sa filiation avec Comte Dracula (son père), figure quasi-mythifiée par les autres vampires du récit. Ce point enrichit un peu son aura, même si le film n’en fait pas quelque chose de profondément développé.
Doris Lang et son frère Dan Lang, en revanche, m’ont paru assez oubliables. À l’inverse, certains personnages secondaires apportent des éléments plus intéressants, notamment l'homme de main de Magnus, Rei Ginsei : un mutant animé par une ambition très claire — devenir vampire — et dont la trajectoire, marquée par l’échec et la frustration, illustre assez bien le thème de l’ambition autodestructrice.
La fille de Magnus, Lamika Lee, est sans doute le personnage le plus intéressant du lot : son rapport à la noblesse vampirique, sa fierté, puis la remise en question de son identité (notamment lorsqu’elle apprend sa nature de dhampir) donnent lieu à un arc plus nuancé, même s’il reste, là encore, peu approfondi.
Comte Magnus Lee lui-même incarne une figure assez classique du vampire aristocratique : ancien, puissant, installé dans une forme d’ennui existentiel qui devient le moteur de l’intrigue. C’est précisément cet ennui — lié à une vie trop longue — qui déclenche son désir de prendre Doris pour épouse.
L’intrigue, justement, reste très simple : une jeune femme (Doris) mordue (par Magnus) cherche à rester humaine, engage un chasseur de vampires (D), et celui-ci affronte les antagonistes (Lamika et Rei) jusqu’à la résolution finale. C’est efficace dans sa structure, mais sans réelle surprise. Le film ne cherche pas à complexifier son récit, et cela se ressent.
En termes de thématiques, il y a pourtant matière à faire : l’humanité (notamment à travers D et Lamika), le deuil (avec Doris), l’ambition (Rei Ginsei), la noblesse vampirique (la dynastie Lee et l’ombre de Dracula), ou encore l’ennui existentiel de l’immortalité (Magnus). Mais tous ces éléments restent traités en surface. Le film donne l’impression d’effleurer plusieurs idées sans jamais vraiment en creuser une en profondeur — ce qui est d’autant plus notable quand on a vu Bloodlust, qui propose un traitement plus ciblé (notamment autour de l’amour).
Enfin, concernant l’animation, elle m’a semblé correcte pour son époque. Rien de particulièrement spectaculaire, mais rien de réellement dérangeant non plus. Elle remplit son rôle, dans une forme de standard technique cohérent avec les productions de cette période.
Au final, Vampire Hunter D : Chasseur de vampires est un film que je qualifierais de moyen dans mon ressenti global. Je n’ai pas passé un mauvais moment — l’ambiance et l’univers fonctionnent bien — mais il ne m’a pas particulièrement marqué. Il pose des bases intéressantes, notamment visuelles et atmosphériques, sans aller suffisamment loin dans son récit ou ses thèmes pour laisser une impression durable. Là où Bloodlust m’avait davantage impliqué, ce premier opus reste, pour moi, plus en retrait.
Créée
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