Au cours d’une recherche pour situer une source d’eau, un prêtre taoïste rencontre un vampire européen. Ce monstre est insensible à sa magie asiatique.
Le regretté Lam Ching-ying avait trouvé sa vocation avec son rôle de prêtre taoïste dans l’excellent Mr Vampire sorti en 1985. Après avoir tourné deux suites, il a décidé de passer derrière la caméra avec Vampire versus Vampire.
L’histoire reprend les éléments habituels de ce qui est devenu en une décennie un genre cinématographique à part entière. On a donc droit à la séduisante fantôme, aux facéties des apprentis benêts et au gros vampire très méchant. De même, les acteurs conservent leur rôle respectif de film en film bien que leur nom change. Lam Ching-ying campe donc son mythique prêtre taoïste avec une régularité de machine, Chin Siu-ho est de nouveau son apprenti et Billy Lau reprend son personnage de bouffon. Le méchant, qui se doit d’être très méchant, est incarné par Frank Juhas dont le jeu consiste uniquement à grimacer pendant une heure.
Une nouveauté scénaristique est la communauté de nonnes dirigée par une mère supérieure volcanique jouée par la plantureuse et charismatique Maria Cordero. Ces personnages sont d’excellents vecteurs d’humour, mais ne sont malheureusement pas utilisés pour lutter contre le vampire occidental théoriquement vulnérable aux prières chrétiennes. Je suppose, mais cela n’engage que moi, que cet oubli est dû à l’ignorance de Lam Ching-ying sur la légende de Dracula. Ce n’est pas grave dans ce genre d’œuvre, le but est avant tout de faire rire. Par ailleurs, l’autre trouvaille est l’enfant jiangshi, certes rigolo, mais incohérente (il n’a jamais faim) et pas du tout assez exploitée.
Vampire versus Vampire est un essai de Lam Ching-ying qui répond aux canons de ce genre cinématographique et qui apporte quelques nouveautés. Malheureusement, ces éléments ne sont pas assez développés, au profit des nombreuses scènes d’action. C’est un film mineur, mais qui reste délassant.