Le projet de Pialat en filmant une nouvelle biographie de Van Gogh s'oppose a celui de Minnelli dans "La vie passionnée de Vincent van Gogh" : filmer le reel au sein d'une representation hyper-codifiee alors que Minnelli filmait la peinture au sein d'une biographie hyper-codifiee. Car ce n'est pas tant l'artiste que sa douleur qui interesse Pialat, son immense solitude qu'il voudrait briser mais qu'il conserve en se refusant aux sentiments quels qu'ils soient. Par "reel", Pialat entend la vie de tous les jours, et ses details anecdotiques : une bonne dont le fils est mort a La Commune de Paris, une descente dans un bordel, un dimanche apres-midi au bord de l'eau... Images magnifiques, hommage sincere, Pialat fait de ce film d'apparence grand public une oeuvre qui lui est propre, presque intimiste. Dommage que le film se train un peu en longueur, surtout lors de la sequence du bordel, certes hommage a John Ford mais qui denote du reste du film et dure bien trop longtemps (20 minutes, soit un 7eme du film !). Une citation de la fille de Gachet defini bien Van Gogh, et semble pouvoir s'appliquer au film : "C'est une succession de moments de faiblesse. Mais au bout, quelle force."
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le 2 oct. 2010

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