Avec son atmosphère hypnotique et poétique, vaudou ne m'a pas emballé plus que cela. Bénéficiant d'une solide réputation et réalisé par un Jacques Tourneur auréolé du succès de Cat People, le plus grand triomphe de Vaudou réside dans son incroyable gestion de la suggestion. La photographie en noir et blanc est sublime ainsi que les jeux d'ombres, les silhouettes qui se découpent dans la nuit caribéenne et l'utilisation du vent dans les roseaux créent une ambiance de rêve éveillé. Nous voyageons à travers ce film qui nous envoute au son des tam-tam caribéen, plein de mystères et de magie.
La frustration peut naitre du fait qu'aucune explication tangible ne sera donné concernant l'état léthargique de Jessica: maladie tropicale ou sortilège vaudou ? Le film refuse de trancher, et pour certain c'est là sa plus grande force.
Pour un film si court (à peine plus d'une heure), Vaudou souffre paradoxalement de baisses de régime. Les scènes de salon et les palabres médicales rompent brutalement le charme ésotérique des séquences nocturnes. Le vaudou reste confiné à un rôle de folklore exotique, effrayant et mystérieux, servant uniquement de toile de fond aux névroses d'une famille de colons blancs.