Venus
5.7
Venus

Film de Jaume Balagueró (2022)

Étoile Filante dans un Ciel Ennuyeux

En tant qu'admirateur inconditionnel d'Ester Expósito, c'est le cœur lourd et la plume hésitante que j'aborde Venus, le thriller horrifique signé par l'expérimenté Jaume Balagueró. Voir cette jeune actrice, au magnétisme indéniable et au talent brut, s'attaquer à un rôle aussi physique et central était une promesse excitante, un événement que j'attendais avec impatience. Malheureusement, la déception est à la hauteur de l'attente.


Certes, Ester Expósito est éblouissante – et c'est bien là le problème, car elle est le seul rayon de lumière dans un scénario curieusement terne et déséquilibré. Elle incarne Lucia, la danseuse qui dérobe un sac rempli de drogue à ses employeurs mafieux, se réfugiant dans un immeuble vétuste où l'horreur cosmique prend le relais. Son interprétation est solide, sa présence magnétique captive l'écran à chaque plan, et elle démontre une fois de plus sa capacité à porter un film, même dans l'adversité.


Mais Balagueró, le maître du genre derrière [Rec], semble s'être perdu en chemin. Le film souffre d'un clivage générique maladroit. La première partie, un thriller poisseux et ultra-violent sur fond de règlement de comptes mafieux, est étonnamment bavarde et répétitive. Le rythme manque cruellement de tension, et les antagonistes sont caricaturaux, loin de l'efficacité angoissante de ses œuvres passées.


Lorsque l'intrigue bascule vers le fantastique et l'horreur lovecraftienne — la fameuse histoire de secte, de secrets d'immeuble et d'éclipse fatidique — la mayonnaise ne prend pas. On passe d'un genre à l'autre sans véritable liant émotionnel, donnant l'impression que deux films différents se télescopent sans jamais se fondre. La mythologie ésotérique est survolée, les enjeux mystiques sont confus, et l'atmosphère, souvent étouffante, ne parvient jamais à s'élever au-delà d'une série B honorable mais oubliable.


Venus restera dans ma mémoire comme une occasion manquée, un écrin banal pour un joyau d'actrice. On ressort du visionnage avec la frustration tenace de n'avoir vu qu'une infime partie du potentiel dramatique et horrifique. On aime Ester, on l'a vue briller, mais on se demande bien ce qu'elle est allée faire dans cette galère...

Oskad
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le 14 nov. 2025

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Oskad

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