Vermines
6.6
Vermines

Film de Sébastien Vaniček (2023)

Etant personnellement un grand fan de films de genre, surtout lorsque, comme chez Carpenter, le maître absolu, il débouche sur des réflexions politiques pertinentes, je ne pouvais pas manquer ce Vermines, film de banlieue réalisé par une équipe provenant de la banlieue, et racontant une histoire - convenue, certes - d'invasion d'un immeuble emblématique de la Région Parisienne par des araignées tueuses. J'ai qui plus est eu la chance d'assister à une avant-première en présence de l'équipe du film, qui m'a permis de découvrir que le réalisateur, Sébastien Vaniček, en dépit du brio de sa mise en scène, n'est pas un cinéphile traditionnel, arrivant déjà équipé de toutes les "bonnes références" : voilà qui constitue une belle surprise, tant on est positivement impressionné par l'intelligence dont il fait preuve dans ce film, son premier. La preuve que, si l'on se pose les bonnes questions sur la manière de raconter une bonne histoire, de faire faire exister à l'écran des personnages crédibles, et d'aller au delà de l'évidence en faisant du film une parabole pertinente sur ce que ressentent face à la société (et à la police) les habitants de ces "cités difficiles", on a des chances de trouver les bonnes réponses.

Vermines commence pourtant assez mal avec une scène dans le désert marocain filmée et montée à l'arrache, qui semble trop sacrifier aux tics actuels de la génération Tik Tok. Mais heureusement, on passe rapidement au film lui-même, qui, classiquement (on l'a dit) va consister en une montée en puissance progressive, les protagonistes enfermés dans leur immeuble étant assaillis par de plus en plus d'araignées de plus en plus grosses dans des espaces de plus en plus réduits et de plus en plus sombres. Tout est juste ici, du contexte social difficile aux relations entre les personnages (même si l'on peut tiquer sur l'histoire de l'amitié rompue entre deux personnages-clés, un peu artificielle), en passant par la juste dose d'humour et par les relations de crainte réciproque avec la police et les autorités dans les scènes finales.

D'une redoutable efficacité et d'une belle intelligence cinématographique, voici une nouvelle réussite du "film de genre français", décidément un souffle d'air frais dans l'hexagone.

[Critique écrite en 2023]

Eric-Jubilado
7
Écrit par

Créée

le 21 janv. 2024

Critique lue 184 fois

Eric-Jubilado

Écrit par

Critique lue 184 fois

12

D'autres avis sur Vermines

Vermines

Vermines

3

Dagrey_Le-feu-follet

1461 critiques

Ma 6-T est envahie par les araignées...

Face à une invasion d'araignées, les habitants d'un immeuble de Noisy le Grand vont devoir s'organiser pour survivre. Vermines est un film d'horreur français de Sébastien Vaniček sorti en décembre...

le 7 janv. 2024

Vermines

Vermines

7

Behind_the_Mask

1471 critiques

L'araignée pas très sympa du quartier

L'année 2023 aura donc illustré, en France, un sacré retour gagnant du film de genre. Et en plus, dans des domaines assez variés pour, presque à chaque fois, prendre son pied.De la place pour tout le...

le 4 janv. 2024

Vermines

Vermines

8

Fidjing

382 critiques

Critique de Fidjing : Attention , l'araignée est là!

Ce film d'Horreur français est de Sébastien Vanicek .Un passionné d'animaux exotiques Kaleb ( Théo Christine ) sème la panique dans son immeuble lorsqu'un jour il ramène une araignée vénimeuse chez...

le 14 janv. 2024

Du même critique

Je veux juste en finir

Je veux juste en finir

9

Eric-Jubilado

6839 critiques

Scènes de la Vie Familiale

Cette chronique est basée sur ma propre interprétation du film de Charlie Kaufman, il est recommandé de ne pas la lire avant d'avoir vu le film, pour laisser à votre imagination et votre logique la...

le 15 sept. 2020

Les Misérables

Les Misérables

7

Eric-Jubilado

6839 critiques

Lâcheté et mensonges

Ce commentaire n'a pas pour ambition de juger des qualités cinématographiques du film de Ladj Ly, qui sont loin d'être négligeables : même si l'on peut tiquer devant un certain goût pour le...

le 29 nov. 2019

1917

1917

5

Eric-Jubilado

6839 critiques

Le travelling de Kapo (slight return), et autres considérations...

Il y a longtemps que les questions morales liées à la pratique de l'Art Cinématographique, chères à Bazin ou à Rivette, ont été passées par pertes et profits par l'industrie du divertissement qui...

le 15 janv. 2020