Vertical Limit
2000 | 2h 4min | revu sur Netflix
Présentation :
Vertical Limit est un film d'aventures américain réalisé par Martin Campbell et sorti en 2000.
Avant-propos :
– Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un petit faible pour les récits d’aventure en montagne ou en milieu sauvage et naturel qui mettent à mal nos limites mentales et physiques.
– J’ai personnellement le vertige, et ça s’empire avec le temps… Paradoxalement, j’adore tout ce qui touche aux sports et situations extrêmes : escalade, chute libre, grande vitesse, sensations fortes, etc. Des choses que je suis incapable de vivre ou de pratiquer, mais qui demeurent un fantasme.
– Vertical Limit, je l’ai vu de nombreuses fois, d’abord au cinéma lors de sa sortie, puis à plusieurs reprises en DVD. Je ne l’avais pas revu depuis longtemps, jusqu’à aujourd’hui sur Netflix. C’est un film que j’apprécie beaucoup.
Ce que j’en pense :
Ça faisait bien 10 ans, voire plus, que je n’avais pas revu Vertical Limit. Un pur plaisir à retrouver.
Tout d’abord, soyons honnêtes : le film n’a rien de crédible et semble assumer pleinement son manque de réalisme quant à la pratique de l’escalade et aux forces de la nature. D’après ce que l’on peut lire ici et là, certains alpinistes l’ont vivement critiqué sur ce point, notamment la séquence d’ouverture.
Cette dernière est particulièrement intéressante car elle ne cherche absolument pas le réalisme. En revanche, elle est cinématographique à souhait ! Je la trouve exceptionnelle. Elle donne le ton, la dynamique et l’ambiance du film avec une efficacité folle. En quelques minutes, on comprend tout des protagonistes principaux et des enjeux auxquels ils vont devoir faire face. Cette introduction est davantage une leçon de cinéma qu’une leçon d’alpinisme.
Pour ma part, n’étant pas grimpeur et n’ayant que très peu de connaissances dans ce domaine, je n’ai ni préjugés ni a priori sur le long métrage. Vertical Limit est avant tout un grand divertissement, un spectacle voué au frisson. En ce sens, il me paraît difficile de le condamner pour son manque de crédibilité. En somme, je me moque assez du réalisme à partir du moment où le reste fonctionne, sans pour autant manquer de respect à une discipline que j’adore sans la pratiquer.
Quitte à digresser un instant, un film n’a pas nécessairement vocation — sauf exception — à être réaliste et sans faille. Une histoire est, pour moi, un vecteur d’émotions, de stimuli sensoriels et psychiques, et parfois de lâcher-prise face au réel. Le cinéma met en images, extrapole, questionne, fantasme. Dans le cas de Vertical Limit, on est en plein dedans.
J’aime ce film pour ce qu’il propose : des personnages et du grand spectacle. Oui, c’est parfois too much, certaines séquences défient les lois de la physique, mais on en prend plein la vue.
Les personnages sont archétypaux mais bien écrits. On s’identifie à eux car leurs personnalités sont claires et lisibles. On comprend leurs enjeux, leurs forces et leurs faiblesses. Autrement dit, ce sont des personnages incarnés et vivants.
Visuellement, le film tient encore la route, malgré des incrustations et certains effets qui trahissent leur âge — 26 ans, tout de même. Ça reste largement regardable aujourd’hui, sans que ça pique les yeux.
La musique est captivante et apporte une dimension de gigantisme à l’ensemble. On ressent le vide, l’espace.
Le scénario tente aussi, de manière un peu maladroite, d’intégrer plusieurs dimensions — politique, spirituelle et écologique. Ce n’est pas toujours subtil, mais c’est présent. Cela dit, ce qu’on retient avant tout, c’est un film d’action, d’aventure et de sauvetage en milieu extrême.
Conclusion :
Vertical Limit devient beaucoup moins intéressant si on attend de lui un docu-fiction sur l’alpinisme, que si on l’aborde comme un divertissement spectaculaire. Un film que j’apprécie beaucoup pour ses personnages et ses scènes d’action impressionnantes.