Il ne faut pas s'arrêter au titre "français", qui parodie vainement Very Bad Trip pour surfer sur la vague de son succès (le premier volet venait de sortir). The Other Guys est une excellente comédie en soi et n'a rien à envier aux monstres du genre, Very Bad Trip donc mais aussi Superbad. Films d'ailleurs tous sous-cotés sur Senscritique.
Il s'agit d'une autre collaboration entre Adam McKay et Will Ferrel, après notamment Anchorman. Mais ils se sont dépassés dans cette parodie de film policier. Will Ferrel, dans une forme olympique, et Mark Wahlberg, un peu en deçà, jouent deux policiers mis sur la touche et qui cherchent à prendre leur revanche. Les rôles secondaires ont aussi de quoi faire saliver : Eva Mendes en épouse sexy, Michael Keaton en chef de la police placide, Samuel L. Jackson et Dwayne Johnson en badass cinglés.
Le film est beaucoup de choses à la fois, mais c'est avant tout une avalanche de blagues et de situations absurdes. Toutes ne font pas mouche, loin de là, mais la créativité est dingue. Il met la barre très haut très vite : une course-poursuite dans les rues de New York totalement déjantée sur fond de Bee Gees remixés et qui se finit par une voiture projetée par le bus dans lequel elle était encastrée en plein sur des criminels et une vitrine (il faut suivre). Il se poursuit rapidement sur un dialogue passionné entre nos deux lascars en forme de combat littéraire du lion contre le thon. Puis en vrac : la scène de l'explosion, le passé de mac d'un des deux, les chants irlandais, bad cop worse cop, les SDF et la Prius... J'en passe et des meilleures. Mais c'est surtout Will Ferrel qui impressionne, tant il arrive à donner une profondeur touchante à un personnage qui ne se voulait que caricatural et absurde. Sans jamais renier les effets comiques. Bref, laissez vous prendre par l'absurde, et vous passerez un bon moment.
Le fond de l'histoire n'est pas pour (me) déplaire non plus. Car pour une fois, les policiers sont sur la trace de criminels en cols blancs, ceux aux montages financiers obscurs. Le film fait la lumière sur un des éléments de la crise financière de 2008 : l'arrestation de Bernard Madoff qui a façonné la plus grande pyramide de Ponzi de l'histoire. Je ne vais pas exagérer l'intérêt pédagogique du film, mais il n'est pas négligeable non plus. Je note enfin les très beaux plans de New York, notamment son Financial District et son mythique Bull.