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le 5 juil. 2026
SuivreLe choix de la résistance
Après un premier documentaire primé au Cinéma du réel, comme un retour aux sources de son enfance dans sa ville de Dniepr, le réalisateur Rostislav Kirpičenko fait avec Vesna (Printemps) le pari...
Après un premier documentaire primé au Cinéma du réel, comme un retour aux sources de son enfance dans sa ville de Dniepr, le réalisateur Rostislav Kirpičenko fait avec Vesna (Printemps) le pari risqué de la fiction pour représenter la (sur)vie dans un village ukrainien occupé par l’armée russe. Que signifie et quel est le prix à payer pour vivre et résister sous l’occupation ?
Pour nous faire partager sa vision du chaos du monde, le film offre le point de vue de différents protagonistes, non pour les juger mais pour nous avertir que le mal guette en chacun de nous. Pour braver l’interdiction d’enterrer les villageois assassinés par l’occupant, un prête aidé de ses voisins risque sa vie pour honorer les morts lors de cérémonies nocturnes clandestines, quitte à mettre en péril la vie de ses paroissiens qu’il entraîne avec lui dans cette folle résistance. Un père de famille joue la figure du lâche collaborateur et reçoit chez lui le Major russe et ses hommes, sans doute par peur pour les siens, tandis que son fils au courage instinctif hurle des insultes à la face des soldats et en paiera le prix fort.
La précision de la mise en scène est à la hauteur de l’ambition d’un tel sujet : la justesse remarquable de tous les acteurs, qui s’expriment en russe ou en ukrainien (en prenant le parti pris intelligent de ne pas le préciser dans les sous-titres pour ne pas accaparer l’attention du spectateur) ; l’exigence du travail du son sur les textures et intensités des bruits permanents de combats (qui tour à tour effraient les villageois ou les soldats) ; la beauté glaçante des images de ces corps morts-vivants sculptés dans le clair-obscur de la nuit d’un hiver sans fin… Tout concourt à faire de ce film une expérience qui nous habite longtemps après la projection.
La civilisation est née lorsque l’être humain a commencé à prendre soin de ses morts. Voir un jeune cinéaste pousser le langage cinématographique à un tel niveau pour nous le rappeler redonne l’espoir d’un printemps à venir et nous oblige.
Créée
le 5 juil. 2026
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