Relecture lubrique du Chûshingura (l'histoire des 47 rônin) centrée sur la vie cloîtrée du shogun Tsunayoshi et les intrigues de son tristement célèbre conseiller Yanagisawa. Le premier jouit d'une existence oisive, occupée par les visites quotidiennes dans son harem qui aurait compté jusqu'à 3000 beautés, nous est-il dit en guise d'introduction. Au sein du harem, les concubines officielles, souvent de noble extraction, sont divisées en deux groupes, celles d'Edo et celles de Kyôto, supposément plus raffinées. A leur suite, des milliers de femmes qui essaient de s'attirer l'attention du shogun et entre elles des intrigues pour devenir celle qui portera l'enfant son enfant et héritier. Il semble à ce stade du film qu'il soit stérile, en réalité il n'a eu qu'une fille naturelle et un garçon mort en bas âge, sa lignée était donc bien compromise. Le conseiller est prêt à toutes les manipulations pour conforter son rang et nourrir ses ambitions.
Huis clos dans un espace très stylisé, avec ses décors raffinés, ses costumes splendides et surtout son interminable couloir et ses lignes de fuite vers un point qui ressemble à une cage dorée, où ces princesses et leurs servantes vivent dans leur microcosme et où le shogun nourrira une paranoïa grandissante qui confère à la débauche et à la folie.
Dans l'ensemble, la nudité fait preuve d'une plus grande retenue que dans d'autres œuvres du courant pinku, Teruo Ishii explore la croisée du genre avec un érotisme de salons feutrés, quelques scènes dé sévices et un fond historique prégnant, je le disais en introduction, dévoilant les coulisses d'un pan célèbre de l'histoire du Japon et de ce shogun qui sombra dans la débauche.