Une bouffée de fraîcheur, d'humour et de bonne humeur jouée avec malice par des acteurs charmants, la pétillante Renate Müller en tête.
Les scènes qu'elle partage avec Anton Walbrook (Adolf Wohlbrück à cette époque) me font totalement craquer. J'adore le quiproquo qui les sous-tend et les rend à la fois très drôles et infiniment troublantes : Susanne est une actrice qui se fait passer pour un homme (qui lui-même se fait passer pour Viktoria sur scène !). Elle est amoureuse en secret de Robert qui sait qu'elle est un homme, mais fait semblant de ne pas le savoir et s'amuse à la traiter en homme. Susanne/Viktoria va ainsi devoir apprendre à fumer et boire comme un homme, participer à une bagarre et passer chez le barbier, sous le regard espiègle de Robert qui jubile en la poussant dans ses retranchements.
Ça a l'air compliqué comme ça, mais ça ne l'est pas du tout quand on voit le film. Par la grâce et l'étonnante alchimie des deux acteurs, leurs scènes communes sont merveilleusement drôles et subtilement sexy.
Le numéro musical de Viktoria, la danseuse espagnole, est désopilant, qu'il soit interprété par Renate Müller ou Hermann Thimig. Ce dernier incarne un acteur cabotin de seconde zone qui rêve de théâtre. Sa scène d'audition au début du film est à ne pas rater.