Le couple de Miriam est en péril. Elle décide avec son mari de tenter de recoller les morceaux le temps d’un week-end chez sa soeur et son beau-frère. Mais à la suite d’une terrible trahison, elle décide de se venger…
Pour leur premier long-métrage, Dusty Mancinelli & Madeleine Sims-Fewer (cette dernière incarne le rôle-titre) nous plongent dans la noirceur de la psyché humaine. Un voyage en eaux troubles à travers un récit non linéaire qui, au fil des minutes, ne cesse de sombrer davantage les limbes de l’horreur, comme si rien ne pouvait nous ramener à la surface.
On suit les mésaventures de Miriam qui, suite à une soirée au coin du feu
à se remémorer des souvenirs d’enfance et à se confier sur son couple, se réveille avec une sévère gueule de bois et surtout… son beau-frère en train de littéralement la violer.
Dès lors sa vie va basculer et nous allons de facto, nous retrouver confronté à la violence subie par la victime (notamment le stress post-traumatique) et le besoin quasi animal de vengeance (les métaphores, nombreuses, sont là pour nous le rappeler).
Violation (2020) n’est pas un rape and revenge dans le plus pur style du genre, loin de là. J’en veux pour preuve, l’héroïne (et nous, spectateurs) n’en tire aucune satisfaction à travers cette vengeance sans concession, contrairement aux habituels films du genre
(où bien souvent, la victime prend un malin plaisir à trucider son salaud de violeur ou à faire des confettis avec ses valseuses).
La mise en scène prend le temps de poser les choses, de ne pas brusquer, ni d’éluder (même la scène de viol est soigneusement retranscrite, sans la moindre vulgarité). Il se dégage ici beaucoup de réalisme, aussi bien dans le traitement des scènes chocs
(le viol ou lorsque Dylan est pendu par les pieds pour être vidé de son sang, le tout, en plan séquence face à Miriam qui vomi ses tripes),
que dans la caractérisation des personnages (les protagonistes évitent toute surenchère et s’avèrent parfaitement crédibles).
Le film est d’un jusqu'au boutisme déconcertant, aucune violence gratuite, pas de scène grand guignolesque, on est clairement loin d’un rape and revenge comme on en a déjà vu maintes et maintes fois. Ici, le film vous prend aux tripes et ne relâche jamais la pression, grâce à une mise en scène soignée et surtout, une excellente distribution, à commencer par Madeleine Sims-Fewer qui porte littéralement le film sur ses épaules.
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