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Les têtes à claques
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le 24 mai 2014
Il y a des films qui, malgré leurs maladresses, parviennent à toucher par leur sincérité. Violet & Daisy, lui, m’a laissé une sensation étrange : celle d’avoir assisté à un rêve qui ne parvient jamais à se réveiller, coincé entre l’envie d’être poétique et la peur d’être compris.
Geoffrey Fletcher, scénariste oscarisé pour Precious, signe ici son premier long-métrage en tant que réalisateur. L’intention est palpable : créer un conte contemporain, décalé, où deux adolescentes tueuses à gages évoluent dans un monde pastel aussi absurde que désabusé. Mais très vite, ce décalage cesse de surprendre pour devenir mécanique, presque forcé. Le style visuel – filtres doux, ralentis esthétisants, costumes enfantins – s’impose comme un vernis séduisant mais creux. L’univers semble plaqué, jamais pleinement incarné.
La bande originale, signée par Paul Cantelon, mérite qu’on s’y attarde. Pianiste et compositeur subtil, il injecte dans le film une douceur mélancolique qui contraste avec la froideur des actes commis par les héroïnes. Il y a dans certaines pistes une vraie délicatesse, presque funambulesque, comme si la musique cherchait à poser un voile de grâce sur la vacuité ambiante.
Mais cette grâce ne suffit pas. Car malgré des envolées douces-amères et quelques accords bien trouvés, la musique, comme le reste du film, semble parfois flotter sans but. Elle commente, elle souligne, elle enjolive – mais rarement elle révèle. À trop vouloir embellir l’insignifiance, elle finit par sonner comme un écho vide, beau mais déconnecté. Là où elle aurait pu être un moteur émotionnel, elle devient souvent un simple habillage.
Violet et Daisy sont censées incarner l’innocence pervertie, la fragilité sous les armes. Pourtant, rien ne les rend véritablement tangibles. Le jeu de Saoirse Ronan tente parfois de faire affleurer une vulnérabilité touchante, mais le script ne lui offre pas assez de profondeur pour qu’elle puisse s’y abandonner. Alexis Bledel, quant à elle, semble prisonnière d’un rôle qui hésite entre poupée cynique et caricature de tueuse sans affect.
James Gandolfini, en contrepoint, apporte une humanité plus palpable, presque douloureuse. Son personnage, bien qu’énigmatique, semble le seul à réellement porter du vécu. Mais son calme mélancolique finit noyé dans l’errance générale du récit.
Le scénario donne l’impression de tourner en rond. On attend un retournement, une révélation, une percée émotionnelle – rien ne vient vraiment. Le dialogue, parfois pseudo-philosophique, manque cruellement de spontanéité. Tout sonne écrit, pensé, jamais vécu. On devine derrière chaque échange une volonté de “faire sens”, mais c’est justement ce sens qui nous échappe, ou qui ne semble jamais pleinement assumé.
Violet & Daisy voulait sans doute être un film-souvenir, un objet fragile et singulier à part dans le paysage cinématographique. Mais au lieu de laisser une empreinte, il ne m’a laissé qu’un flou. Ce n’est pas un mauvais film dans l’absolu – c’est un film qui, à mes yeux, passe à côté de son propre cœur. Belle coquille, mais trop vide. Belle musique, mais sans émotion durable. Un film que j’oublierai sans doute vite, non par indifférence, mais par manque d’ancrage.
Créée
le 23 mai 2025
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