Quand on fait le tour des genres qui m'enchantent le plus, le teen movie arrive souvent top 3.
En prenant des enjeux qu'on a déjà tous plus ou moins vécus, ces films montrent surtout qu'on n'a pas besoin de sauver le monde, l'univers ou même les multivers pour appâter le spectateur. Mettez-moi un loser qui a 0 potes, des dynamiques de groupes ou des ptits jeunes qui essaient de séduire et je suis aux anges.
Le genre a reussi à nous sortir énormément de classiques de la comédie comme Supergrave (peut-etre une séance hors-série incoming ?), Mean Girls (vu récemment c'était dur...)ou encore Grease où on a carrément des darons à la place de lycéens...
C'est ici qu'apparaît Virgin Suicides. En prenant à contrepied un genre qui est voué à être plus léger, Sofia Coppola décide de raconter l'horreur dans un quotidien qui semble monotone. On a pu voir des films comme La folle journée de Ferris Bueller et Breakfast Club de John Hughes qui exploraient les problèmes d'adolescents avec une certaine tendresse mais la fille Coppola va encore plus loin dans la noirceur.
Obviously, Doctor, you've never been a 13-year-old girl
Cette phrase devenue culte résume absolument toute la proposition de Virgin Suicides : tout a l'air d'aller et pourtant, on ne sait rien de ce qui se passe réellement. Le fait que le narrateur soit un personnage en dehors de la famille ajoute une nouvelle dose de mystère : mais que se trame-t-il chez les Lisbon ??
Ce qui marque c'est surtout le range du film: on a des scènes hilarantes qui côtoient des moments glauquissimes. Chaque situation me tend d'une force parce que je sais pertinemment que ces moments gênants et attendrissants seront complètement anéantis par une scène qui fout le caf... On ajoutera bien entendu une esthétique léchée et reconnaissable qui va marquer les sad girls des 20 années qui suivent. Ce savant mélange entre le kitsch et la noirceur rend le film véritablement unique puisqu'on allie une idée, une histoire à une mise en scène et une vision unique au 7ème art. Alors que la plupart des adaptations de livre sont secrètement des planches faciles de chaque page d'un livre, la vision de Sofia Coppola prend tout son sens en adaptation. Enfin, il faut forcément mentionner la bande originale du film composée par Air (cocorico ?) qui donne un aspect encore plus éthéré au film.
Lors de mon premier visionnage ce film m'avait hanté par cette bande originale mais j'avais complètement oublié que les 15 dernières minutes étaient aussi intenses. C'est sûrement pour ça que c'est un film qui reste en tête longtemps après la séance...
Je ne vais pas m'épancher, la moitié de mes followers ne liront pas jusqu'à la fin, passons directement aux mim's d'or:
- Trip Fontaine qui attend dans la voiture et Lux qui apparaît pour l'embrasser, avec la musique qui éclate en même temps
- La colorimétrie du film
- Le daron et ses mimiques giga flippantes par rapport au calme de ses enfants
- La scène hyper triste des vinyles balancés au feu... certaines mignonneries ne pourraient pas survivre à une telle chose
- Le mec qui, de chagrin, saute du 1er étage pour au final juste tomber dans un buisson et reprendre sa life
- Les scènes où toutes les soeurs sont ensemble dans leur chambre -- supplément l'appel téléphonique où chaque groupe échange ses sons préférés (goals)
- Le small talk vla gênant pour combler le vide "On a eu du beau temps récemment"
C'était donc la 6ème séance du Mignon Cinéma Club, beaucoup d'échanges, une co-host qui pensait que c'était un rap contenders pour ma pomme mais toujours de superbe good vibes.
On se retrouve le 20 mai (déjà mercrodji pro...) pour le meilleur film de 2025 : Sorry Baby.