Sorte de mélange à la franco-américaine entre Blade Runner et Nirvana (avec Christophe Lambert) mais préfigurant BR 2049 et Ready Player One de un ou deux ans, Virtual Revolution est un polar de SF impliquant la VR dans ses intrigues. Après, les méchants sont assez classiques, entre les agents fédéraux unidimensionnels méchants et intimidants, et les hackers qui veulent forcer les joueurs de VR à se confronter au réel au nom de la liberté sans les consulter au préalable.
Le héros (Nash) aussi, est un peu classique : grand, en manteau de cuir, armé d’un flingue, buveur d’alcool, flanqué d’un informateur/hacker et regrettant la perte d’une bien-aimée. Toutefois le film diffère de par le fait que notre détective soit un gamer VR et travaille pour une compagnie de jeux vidéos (Synternis) à priori maléfique, mais dont la tournure des évènements laissera le doute à ce sujet. Et sur le fait que des agents gouvernementaux se fassent buter facile par des révolutionnaires. Le seul péché de Virtual Revolution est son manque de diversité quant aux mondes VR présentés (un de fantasy médiévale et un FPS post-nuke et rien d’autre à l’écran).
Sinon, on pourra au contraire apprécier le côté cynique/pragmatique du film ou sinon le fait qu’il prenne plutôt la défense du jeu vidéo et de la VR, refusant de tomber dans la sempiternelle critique de ce monde numérique.
À contrario de Ready Player One qui dit rien ne vaut le vrai ou le réel ou certains médias qui se moquent des joueurs décérébrés, Virtual Revolution dit que les gens ont le droit de se réfugier dans un monde numérique en toute liberté pour se faire de bons moments et souvenirs (même si ça les empêche de voir qu’on les manipule ou qu’ils sont consommateurs plus que citoyens). Le film argumente même que le taux d’endorphine est le même quand on reçoit quelqu’un chez soi que quand on explore un jeu VR.
Le film se termine donc sur Nash disant aux spectateurs plus ancrés dans le «vrai» :
Qui donc êtes-vous pour dire que ce que je vois devant moi n’est pas réel ?
- dit-il dans un monde VR de fantasy avec des dragons et des magiciens (son monde préféré).