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SuivreUn film sans âme
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Réalisé par l'irlandais -quasi inconnu- Lorcan Finnegan et soutenu par des sociétés de production irlandaises, danoises et belges, Vivarium a été projeté au festival de Cannes dès 2019, puis au festival international du film fantastique de Gérardmer début 2020. Il avait alors fait bonne impression sans toutefois décrocher de récompense.
Sorti juste avant le confinement, ceux qui ont eu le temps d'aller le voir ont dû avoir quelques sueurs froides à l'idée de rester enfermés chez eux...
Gemma et Tom, la trentaine, sont en couple depuis quelques temps et se disent qu'ils aimeraient bien investir dans un "chez eux". La collègue de Gemma prévient cette dernière "dépêche-toi, les prix augmentent". Tom de son côté, semble moins stressé par la question.
Un jour après le boulot, le couple se rend chez Prospect Properties, un promoteur immobilier qui vient d'achever une opération de construction en banlieue, "ni trop près, ni trop loin" du centre-ville. Martin, le commercial, n'a pas franchement le bagou de Stéphane Plaza, mais parvient malgré tout à convaincre Gemma et Tom d'aller visiter une maison témoin au sein du lotissement.
Une fois sur place, la visite de la maison commence mais notre agent immobilier disparaît brutalement laissant nos tourtereaux seuls. Ils n'ont pas encore idée de ce qui les attend...
Partant de ce pitch, il sera difficile d'en dire beaucoup plus sur l'histoire sans risquer le spoiler. Néanmoins, il faut bien reconnaître que devant l'écran, on lit assez vite ce qui va se passer.
L'arrivée dans cet immense lotissement met immédiatement mal à l'aise. Comme le souligne le réalisateur lui-même, l'endroit évoque un décor de livre pour enfants, mais "toxique et faux". Les maisons, dupliquées à l'infini, font écho à la périurbanisation galopante qu'ont connu des nombreux pays occidentaux après la guerre. Les fameuses suburbs, symbole d'un conformisme qui constitue selon Finnegan, "l'horreur de notre société".
Film à petit budget, Vivarium est un quasi huis-clos reposant sur de rares personnages. Pour fonctionner, il avait donc besoin d'idées et de bons acteurs.
Les deux objectifs sont remplis avec un scénario qui parvient à capter l'attention du spectateur du début à la fin, malgré le cadre redondant et les situations répétitives. Le spectateur tentera de saisir chaque indice pour résoudre l'énigme finale.
Imogen Poots et Jesse Eisenberg, eux, incarnent bien le couple "lambda" qui va se retrouver dans une situation plus qu'improbable.
Vivarium est un genre de thriller de science-fiction qui mêle satire, métaphore et questions quasi métaphysiques.
A l'instar de films comme Cube ou plus récemment Mother!, mais aussi de certains épisodes de The Twilight Zone et The Outer Limits, l'oeuvre de Lorcan Finnegan emmène le spectateur aux limites de la folie.
Alors certes, on pourra reprocher au film d'être parfois trop prévisible, notamment au début. De même, on aurait aimé voir les personnages davantage s'interroger sur la situation et chercher à la comprendre. Enfin, il est évident qu'avec toutes les interrogations qu'il soulève, certains pourraient trouver la conclusion du film décevante (ce qui n'est pas forcément le cas).
Malgré tout, Vivarium restera un de ces films à la fois divertissant, crispant et énigmatique où chacun viendra défendre sa théorie. Il mérite amplement d'être vu au moins une fois.
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Créée
le 29 juin 2020
Critique lue 242 fois
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