Plus ou moins raté lors de sa sortie quelques jours avant le confinement, content d'avoir pu « rattraper » ce « Vivarium » en en sortant, car nul doute que celui-ci vaut le détour à bien des égards. Son propos, d'abord : cette logique presque fantastique d'enfermement, sans la moindre possibilité de sortir de la ville et d'être presque obligé de rester dans une maison qui n'est pas la nôtre (même si elle le deviendra par la force des choses), je trouve ça vraiment intrigant, pour peu qu'on en fasse quelque chose, ce qui est relativement le cas ici.


La mise en scène, ensuite : nul doute que Lorcan Finnegan sera un nom à suivre tant il sait à la fois exploiter son décor anxiogène et instaurer une ambiance étouffante, presque malsaine, éminemment renforcée par cette incroyable idée


d'enfant mutant,


faisant définitivement basculer le récit vers une forme d'angoisse aussi singulière qu'originale. Dommage, alors, que le film souffre de quelques longueurs (toujours compliqué de tenir sur la durée avec une idée réjouissante mais devant fonctionner jusqu'au bout) et, surtout, d'un vrai manque d'explications sur le pourquoi du comment : autant je suis rarement pour le « tout expliquer », mais là, ce n'est même plus de la suggestion : juste quelques vagues pistes où l'on vous dit « démerde-toi avec ça », enlevant une part de vertige et laissant un certain goût d'inachevé, d'autant qu'il y avait forcément mieux à proposer que ce dénouement assez bancal.


Pourtant, Finnegan avait vraiment toutes les cartes en main pour réussir son coup, optant clairement pour le choix du


pessimisme et de la noirceur,


excellemment retranscrits par Jesse Eisenberg et surtout la toujours splendide Imogen Poots, pour laquelle ma passion grandit à chaque nouveau titre. De l'audace, donc, à saluer en ces temps de consensus mou, rendant vivement fréquentable ce « Vivarium » doté de talents multiples, échouant « seulement » à nous convaincre totalement de sa démarche avec une conclusion digne de ce nom : frustrant, et pas qu'un peu...

Caine78
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2020

Créée

le 15 juil. 2020

Critique lue 1K fois

Caine78

Écrit par

Critique lue 1K fois

4

D'autres avis sur Vivarium

Vivarium

Vivarium

4

MadMonkey

le 12 mars 2020

Suivre

Un film sans âme

Je me souviens qu'avec quelques amis nous nous étions fait la remarque que l'on était enfin face à une bonne bande-annonce : une BA qui n'en dit pas trop, évoque juste les thèmes et le début du film...

Vivarium

Vivarium

6

Sergent_Pepper

le 1 avr. 2020

Suivre

Home cheat home

Le film d’épouvante, et d’une manière plus large, la fiction, fonctionne toujours sur le principe d’une excroissance : l’hyperbolisation d’un phénomène sur lequel on ferait un zoom pour en déceler le...

Vivarium

Vivarium

5

Anyore

le 16 avr. 2020

Suivre

Les Heureux Propriétaires

Il y a des films qui résistent étrangement à l’appréciation. Des films que l’on pourrait aimer, qui semblent relever d’intéressantes réflexions, de pertinentes questions… On pourrait les apprécier...

Du même critique

Nous finirons ensemble

Nous finirons ensemble

3

Caine78

le 11 mai 2019

Suivre

Possible de finir avec quelqu'un d'autre?

Je garde un assez bon souvenir des « Petits mouchoirs », que je n'ai pas revu depuis sa sortie (ce que je ferais prochainement). J'avais ainsi bon espoir que Guillaume Canet soit capable de...

Mourir peut attendre

Mourir peut attendre

5

Caine78

le 7 nov. 2021

Suivre
Dernière modification

le 29 juil. 2026

Attente meurtri(ère)

Cinq ans d'attente, avant que la crise sanitaire prolonge d'une nouvelle année et demie la sortie de ce 25ème opus, accentuant une attente déjà immense due, bien sûr, à la dernière de Daniel Craig...

L'Origine du monde

L'Origine du monde

3

Caine78

le 25 sept. 2021

Suivre

L'Origine du malaise

Je le sentais bien, pourtant. Même si je n'avais pas aimé « Momo », adapté du même Sébastien Thiéry, cela avait l'air à la fois provocateur et percutant, graveleux et incisif, original et décalé,...