Le principal intérêt de cette petite comédie qui alterne, à l'échelle d'Oxford, exploits sportifs et blagues de potaches, est de confronter, comme pour une étude de mœurs, l'esprit anglais et la mentalité américaine. Ainsi, Lee Sheridan, le yankee, et Paul Beaumont, digne produit de l'école anglaise, semblent se disputer une suprématie, le leadership, au sein de Cardinal College, jusqu'à nous faire envisager une parabole évoquant la relation de frères ennemis entre les Etats-Unis et l'Angleterre.
Sheridan, brillant espoir de l'athlétisme, est un jeune américain dont la confiance en soi confine à l'arrogance, dont l'individualisme relève de la mauvaise éducation. Ses provocations et ses initiatives extravagantes heurtent forcément la traditionalisme rigoureux, fondé sur l'honneur et l'équité, dans lequel sont figés ses camarades britanniques. Et le réalisateur Jack Conway de démontrer les forces et les lacunes de chacun, les réussites et les manquements de deux éducations, où il voit, en définitive, au terme de brouilles superficielles, de la complémentarité.
A l'aube de la seconde guerre mondiale, le sujet vise peut-être à conforter l'alliance naturelle entre les deux pays. La victoire commune contre les adversaires de Cambridge peut le laisser supposer. Sans ce message subliminal, la comédie serait sans doute restée un peu simpliste malgré la fougue du jeune premier Robert Taylor.