Dans le désordre de mon bureau, je retombe sur un article de Sorj Chalandon du 28/12/22 dans le Canard Enchainé pour un film que j'avais oublié d'enregistrer dans mon journal SC.
Entre temps, j'en comprends mieux le titre car j'ai depuis lu Monsieur Jadis d' Antoine Blondin:
"Vivre (Monsieur Jadis). A Londres, dans les années 50, Mr Williams est un homme raide, gris sans sourire. Chef de bureau au service des travaux publics de la mairie, il disparait derrière des piles de dossiers. Comme cette pétition de mères qui souhaitent transformer une courette bombardée en terrain de jeu. Il est sinistre Mr Williams. Même le rire (de sa collègue ) n'effleure pas celui qu'elle appelle "Zombie". Mais un jour, le fonctionnaire apprend qu'il est atteint de cancer fatal. (...)
(...) Sur le thème, très visité, du misanthrope transfiguré par le crépuscule, Oliver Hermanus a bâti une tragédie magnifique. Ecrit par Kazuo Ishiguro, Prix Nobel de littérature, "Vivre" est l'adaptation fidèle d' "Ikiru" (1952) , drame d'Akira Kurosawa lui-même inspiré du roman de Tolstoï "La Mort d'Ivan Illitch" (1886) . S'il a un Londres rigide pour décor, ce film est riche de bien des tumultes (...)
(...) Avec son costume trois pièces rayé, son parapluie et son regard désert de salaryman, Mr Williams (immense Bill Nighy) s'ébroue, se réveille, se révolte. Le chef de bureau sans grâce troque son melon chagrin contre un feutre canaille et redécouvre l'enfant étouffé en lui. (...)
(...) Bouleversant"
(Ecrit par Sorj Chalandon et publié le 28/12/22 dans le Canard Enchaîné)