Russ Meyer narre les aventures d'une jeune épouse gironde et nymphomane dans une forme de cinéma érotique hors d'âge, c'est-à-dire pas plus troublant qu'audacieux, dans les images comme dans les idées. Le film de Russ Meyer, lequel peut toutefois se prévaloir du statut de réalisateur culte du cinéma underground, est, sur la forme et le fond, parfaitement médiocre.
Le cinéaste filme quelques ébats de la dénommée Vixen, que ne répugnent pas l'inceste et les plaisirs saphiques, en se tenant décemment -hédonisme ou censure- au-dessus de la ceinture, à l'endroit où la comédienne fait valoir le meilleur d'elle-même.
Mais, au-delà d'un érotisme inoffensif, alimenté par des fantasmes basiques, le film est plutôt moche : éclairage terne, montage approximatif; "Vixen" semble avoir été tourné sans plus de moyens que d'idées. Et puis le scénario et les dialogues, même polissons ou allusifs, sont d'une rare platitude. On croit rêver lorsque, délaissant les parties de jambes en l'air, Russ Mayer se lance, à la fin du film, dans des considérations sur le communisme et sur le racisme, comme soucieux subitement de donner un peu de sens à sa série Z grotesque.