Des choses gentilles à dire sur ce film
Réalisé avant Conan le Barbare, Voltan le Barbare (Hawk the Slayer en VO), c’est sous des airs d’héroïc-fantasy (c’est d’ailleurs l’un des premiers films à avoir lancé ce souffle épique dans les années 1980), un drame familial qui dégénère en lointain remake des Sept Mercenaires, mais c’est aussi un mélange étrange d’ambition artistique, de manque cruel de moyens, de choix faciles et d’accessoires foutraques.
Côté positif, on sent l’ambition de développer une épopée fantasy sous influence un peu western mais aussi de donner dans du médiéval authentique/crade - loin cependant des reconstitutions de Jabberwocky ou de Sacré Graal - : tons brunâtres, grisâtres, brume et grisaille constante, personnages type esclavagiste à la bouche pleine de bière. Si les personnages principaux sont relativement bateau, on trouve néanmoins des passages plutôt sympas notamment entre les personnages de Gort, un bourrin au grand cœur, (Bernard Bresslaw) et de Baldin un nain (forcément, avec un nom pareil) malicieux (Peter O’Farrell). Et puis il y a aussi la volonté de bien faire avec peu de moyens : le montage épileptique pour souligner la rapidité surnaturelle à l’arc de l’elfe Crow (Ray Charleson) ou un saut repassé à l’envers pour souligner son agilité... c’est artisanal, malheureusement, c’est loupé... mais ça reste sincère.
Mais tout ça est pénalisé aussi par des choix et des accessoires foutraques (pommeau main/caillou qui brille de l’épée de Hawk, la sarbacane de la sorcière qui projette des fils gluants verts pâles de farces et attrapes, les sorts qu’elle peut jeter ressemblent d’ailleurs curieusement à des super-balles, moignon aléatoire), et surtout de je-m’en-foutisme (scénario paresseux avec une structure toute faite, et un casting dans les rôles principaux complétement à la ramasse : le héros est incarné par un John Terry qui n’en fout pas une rame ; son méchant de frère par Jack Palance en pleine forme qui, pris entre un chagrin d’amour, des envies de grandeur et une possession démonique, n’hésite pas à impressionner des nonnes en tranchant violemment une miche de pain). Le film souffre aussi beaucoup d’un gros ancrage années 1980 qui pioupioute (mention spéciale à la bande originale aux accents parfois soupe-aux-chouesque de Harry Robertson).
La fin appelle une suite qui, assez logiquement, n’a jamais été tournée. Et c’est bien dommage, parce que même s’il n’est pas jouissif comme un Kalidor, même s’il n’est pas crétin comme un Hercules, même s’il n’est pas furieusement décomplexé comme un Deathstalker, Voltan le Barbare est quand-même sacrément et sympathiquement foutraque.
Ce film contient 23 ingrédients du bingo des films
Personnage > Agissement
Mort | Meurt dans les bras d’un autre personnage - Tension | Duel de regards
Personnage > Caractéristique
Hanté·e par des souvenirs traumatisants - Gardes assommé·es par derrière - Ouh ! | Traître !
Personnage > Héros ou héroïne
Fibre héroïque | Sauve une femme en détresse, ou un enfant inconscient
Personnage > Méchant·e
Mégalo | Parle de lui à la 3e personne
Personnage secondaire
Sbire neuneu
Réalisation
Fin | Ouverte - Grammaire | Ralentis injustifiés et insupportables - Ouverture ou fin | Voix off d’introduction ou de conclusion - Ouverture | Présentation écrite de l’univers/situation/personnage - Technique | Faux raccord impardonnable - Tension | Mort originale
Réalisation > Accessoire et compagnie
Toiles d’araignées de kermesse
Réalisation > Audio
Bruit exagéré | Coups donnés lors d’un combat au corps-à-corps - Bruit exagéré | Les épées/cannes/flèches/lances font woosh/cling
Scénario > Blague, gag et quiproquo
Vomi (gag)
Scénario > Dialogue
À voix haute | Se parle
Scénario > Élément
Un·e proche meurt sous ses yeux
Scénario > Situation
Bagarre | Futurs membres d’une équipe de choc recrutés aux quatre coins du monde
Thème > GI Joe
Agissement | Rire de commando
Thème > N’importe quoi
Trop con·ne | Ces gens font des trucs complètement con
https://www.incredulosvultus.top/voltan-le-barbare
---
Barème de notation :
- 1. À gerber
- 2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées
- 3. On s'est fait grave chier
- 4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là
- 5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas
- 6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu
- 7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème
- 8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème
- 9. Gros gros plaisir de ciné
- 10. Je ne m'en lasserais jamais