Ce film est un gros navet dédié à Reda Caire, chanteur de charme falot et acteur de fortune. Il est associé au fantaisiste marseillais Gorlett, celui-ci composant les zozos pas drôles tandis que, par contraste, Reda Caire joue les jolis cœurs sous le nom de Jim le chanteur d'amour, qui fait se pâmer toutes les femmes jusqu'en Amérique. Et bailler le spectateur.
La comédie est nulle ; elle le doit d'abord à un scénario -initié par l'adoption d'une petite orpheline par ces deux artistes de cirque que sont Jim et Jimmy- dont l'indigence de la mise en scène amplifie encore la navrante stupidité. Car, au-delà du sujet passe-partout de cette comédie de boulevard sentimentale, la réalisation d'Henri Fescourt, vétéran du cinéma muet, nous apparait paresseuse comme rarement, qui confine à la fumisterie.
Les dialogues sont calamiteux, encore plus dans le jeu de mots, et disqualifient tous les personnages. La jeune actrice qui joue la filleule du duo incarne la jeune fille romantique et insipide de l'époque, tout en mièvrerie. Enfin, le réalisateur multiplie les plans où des femmes, jeunes ou pas, écoutent langoureusement, l'oreille rivée au transistor ou le regard fixé sur le tourne-disque, les romances ringardes de leur chanteur d'amour. Savoureux ou consternant ?