Ayant attirée mon attention sur l'affiche, esthétique, et sur les promesses du titre, ma copine m'a entrainé à l'avant-première de Voyage en Chine en présence de Zoltan Mayer dont c’est le premier film. J'étais d'autant plus excité que Yolande Moreau accompagnait son réalisateur. Oui, je sentais bien les choses.
Seulement voilà, ce voyage ne m’a pas plus convaincu que son réalisateur qui a eu le tort de se présenter comme bavard, alors que son film ne l'est pas spécialement. Mais, pourquoi Zlotan Mayer éprouve-t-il le besoin de le faire remarquer ? Cette soirée d’avant-première m'a laissé la désagréable impression que le bavardage de Zoltan Mayer est avant tout destiné à attirer l’attention, car son film est bien moins original que ce que j'espérais. Si vous ne voyez pas vraiment où je veux en venir, relisez ce que je viens d’écrire. Que dis-je de vraiment intéressant par rapport au film dont je suis censé vous parler dans ma critique ? Pas grand-chose. De plus, j’ai employé la première personne pour parler de moi au lieu de parler du film. Oui, je l’ai fait exprès, pour tenter de vous expliquer ce que j’ai ressenti lors de cette avant-première. Une présentation qui n’en finissais pas, à force de congratulations et d’autosatisfaction.
Yolande Moreau interprète Liliane, une femme qui a appris la mort accidentelle de son fils Christophe en Chine. On la voit d’abord chez elle à tenter de repousser les tentatives de consolation d’un homme qui n'est autre que le père de Christophe. Elle lui reproche d’avoir été un mauvais père. De son côté, elle se reproche d’avoir reculé le moment d’aller voir son fils là-bas. Maintenant il est trop tard mais, les formalités administratives étant désespérantes, elle se décide à faire le voyage, seule.
Après cette première partie assez vite expédiée, on observe Yolande Moreau en Chine. Après tout, c’est pour ça qu’on est dans la salle. Seulement, ce voyage n’apporte pas grand-chose. Quelques beaux paysages, quelques rencontres, un peu d’errance. Mais l’aperçu de la Chine m'a laissé sur ma faim et je n’ai quasiment pas ressenti l’émotion que j’attendais. Que Yolande Moreau joue tout en retenue, pourquoi pas, surtout qu’on n’assiste pas au moment où elle apprend la triste nouvelle. Elle réagit en voyant le corps, mais c'est tout. Une scène filmée pudiquement, c'est vrai. Sinon, elle se contente de promener sa silhouette informe, sans avoir à faire grand-chose pour jouer l’incompréhension. Autre chose, Liliane s’exprime en français voir en anglais. La plupart de ses interlocuteurs parlent en chinois. Bien évidemment, la compréhension mutuelle est impossible et on a droit à quelques dialogues de sourds qui se finissent par des haussements d’épaules ou des indications de direction). Particularité, toutes les phrases en chinois sont sous-titrées en français. Ainsi le spectateur comprend parfaitement ce que disent les personnages, alors qu’ils ne se comprennent pas entre eux. Bizarre. Certaines situations prêtent à sourire, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que cela aurait été bien plus intéressant sans les sous-titres.
Autre réflexion, le réalisateur et ses comédiennes n’ont pas cessé d’affirmer avoir ressenti et exprimé la tristesse de la situation de base, tout en se félicitant d’avoir mené à bien ce projet, grands sourires à l’appui. Ce qu’il en ressort pour moi, c’est que leur satisfaction compte davantage à leurs yeux que la gravité du sujet. Voilà qui renforce malheureusement mon impression première à propos de ce qu’il y a réellement derrière ce projet de film. Le réalisateur aime la Chine, mais son film reste à l’image des dialogues souvent impossibles dont je parle plus haut. La Chine comme les personnages ne prennent que peu de consistance tout au long du film. Il ne suffit pas de filmer en prenant son temps pour apporter de l’émotion et une vraie sensibilité.
Le film présente quelques péripéties dans un cadre qui vaut ce qu’il vaut puisque la partie chinoise du film a été tournée là-bas. Malheureusement, l’ensemble manque d’originalité, à l’image de la scène finale sensée apporter un peu de réconfort. J’espérais un tableau beaucoup plus fouillé sur la Chine d’aujourd’hui. Dans ce registre Black coal et A Touch of Sin pour ne citer que des titres récents, sont d’une autre envergure. Mais ces films ont été réalisés par des chinois... Maintenant, tout est relatif, car ma copine l'a trouvé pas si mal ce film.