Un grand mérite : la fin de l'ignorance hollywoodienne.
Bill Nighy suffit à lui seul à me faire débourser le prix d'un ticket de cinéma. En vampire "so british", en pirate tentaculaires, ou encore en dandy rockl n' roll, ce monsieur jouit de ces carrières riches et variées qui me séduisent tant.
Mais sa présence au casting n'est pas là le plus grande prouesse de "Walkyrie". La réussite de ce film tient en la réhabilitation, soixante-quatre ans en retard, du peuple allemand sous le troisième Reich. Car à Hollywood, machine autant à rêve qu'à clichés, les préjugés ont la vie dure, très dure. De la trilogie "Star Wars" à la tétralogie "Die Hard", en passant par toutes les séries animées satiriques (The Simpsons, South Park, Family Guy,...) et tous les films de guerre, il est toujours fait référence au méchant comme germanique. Qu'il s'agisse des uniformes des gardes impériaux, de Simon, ou encore du déguisement d'Eric Cartman, l'Allemagne est systématiquement liée au nazisme.
Alors enfin, grâce à Bryan Singer, Hollywood nous montre des Allemands qui se sont opposés aux nazis, et surtout, il réhabilite le peuple citoyen allemand comme victime de ses propres dirigeants, droit qui leur avait été jusque-là refusé dans l'imaginaire collectif populaire. Amen.