Traumatisé par l'attaque qu'il a subi avec son frère en Afghanistan, un soldat rejoint le camp d'entraînement des Rangers afin de tenir la promesse qu'il a faite vis-à-vis de ce dernier. Là-bas, il gravit les échelons des épreuves en faisant forte impression et, avec le groupe des plus endurants, s'apprête à en passer l'ultime: une opération de sauvetage grandeur nature en pleine forêt. Mais un élément extérieur vient tout bouleverser...
** Cet avis spoile ce qui va justement venir contrarier l'épreuve de ces soldats. Après, rien de méchant, le film ne fait vraiment pas dans la dentelle pour y faire allusion dans sa première partie et, à moins d'avoir une capacité de déduction de têtard sous Lexomil, vous vous douterez t.très vite de ce qui va débouler dans cette forêt **
Il est d'abord amusant de noter que Netflix avait sorti en 2017 un autre film "War Machine" (avec Brad Pitt) qui, lui, était une complète satire de l'armée américaine alors que celui-ci en est une espèce de glorification poussée au premier degré le plus extrême (il y a même Dennis Quaid en colonel à béret qui met sa bouche en cul-de-poule à chaque plan où il apparaît, c'est dire comme c'est sérieux). Et, comme le tout est mené par Alan "Jack Reacher" Ritchson, cette espèce de Captain America en mode colosse que l'on croirait échappé d'une case de comics pour réduire la carrure de Chris Evans à celle d'un étudiant de première année en musicologie, "War Machine" a tout du film qui donne envie de plonger la tête la première dans une cuve de stéroïdes, revêtir le premier uniforme en treillis qui passe et rejoindre le centre d'enrôlement dans l'armée le plus proche en faisant des "Ahou !" en boucle.
Toutefois, au-delà de cet aspect propagandiste des valeurs militaires, on n'a évidemment rien contre un bon vieux film de bourrin en la matière, à très gros budget (on sent que Netflix y a mis les moyens) et, bien sûr, avec ce virage SF que prend "War Machine" passé son premier tiers pour se rêver en "Predator" premier du nom nouvelle génération.
Certes, tous les stéréotypes de l'armée sont de sortie que ce soit niveau personnages (quelques traits caricaturaux suffisent à définir la quasi-totalité des seconds rôles) ou trauma rudimentaire qui habite son héros (répété tout au long du film pour même en devenir la clé bien trop facilement huilée qui s'emboîte à sa résolution) mais, punaise, quand "War Machine" lâche les chevaux en termes de séquences d'action, il a le mérite de tenir ses promesses, faisant de son alien mécanique un réel danger impossible à stopper et avec une nette propension à préférer ses victimes terriennes en kits démembrés. Entre le massacre extraterrestre inaugural, une cavalcade effrénée sous les bombes en tout genre, une séquence de course-poursuite très tendue avec un blindé et le chouette duel final "mano a mano" avec cet action-man né qu'est Ritchson (bon comédien de surcroît), "War Machine" accomplit ce pour quoi il est fait, c'est à dire du pur divertissement testostéroné efficace durant plusieurs temps forts indéniables que l'on aurait bien vus sur grand écran.
À l'image de son épilogue ultra-prévisible pensé pour mettre tous les feux au vert en vue d'une franchise, le film de Patrick Hugues reste avant tout, comme tant d'autres blockbusters netflixiens, un ersatz/pot-pourri de titres bien meilleurs et marquants passés avant lui, évidemment loin du modèle de John McTiernan dont il rêverait d'un tant soit peu arriver à la cheville, surtout avec le design très discutable de cet être métallique (qui diable a eu l'idée d'en faire une sorte de Space Invaders avec deux traits rouges lumineux rappelant les yeux d'un emoji pas content ??) mais, pour reprendre le leitmotiv d'un certain Ranger en devenir, atteindre sa ligne d'arrivée se fait avec le sourire d'avoir assisté à un sympathique plaisir coupable en compagnie des effluves d'une grande époque du cinéma d'action US avec laquelle il est aujourd'hui semble-t-il difficile de rivaliser directement... hormis un Alan Ritchson de plus en plus affirmé en relève de ses anciennes gloires les plus illustres.