Ray Mendoza fut membre des Navy SEALs, et participa à la guerre en Irak. Des années plus tard, il travaille à Hollywood, notamment comme superviseur des scènes militaires pour le "Civil War" d'Alex Garland. Les deux hommes ont visiblement sympathisé, puis écrit ensemble le scénario de "Warfare". Officiellement réalisé à deux, mais Alex Garland a avoué être surtout un soutien pour Ray Mendoza, véritable auteur du film.
"Warfare" est en réalité basé sur un combat auquel Mendoza a participé, et qui l'a visiblement marqué. Son rôle est d'ailleurs joué par D'Pharaoh Woon-A-Tai. On suit ainsi une escouade de Navy SEALs qui s'installent dans un appartement irakien, avant de subir les assauts d'insurgés.
Techniquement, c'est propre. Le montage sonore est la grande qualité du film, entre les explosions, les coups de feu, mais aussi les silences, qui contribuent au suspense. La mise en scène cherche à rester immersive sans pour autant verser dans la shaky cam illisible. Et je ne doute pas que le jargon ou les techniques employées soient réalistes, vu le pédigrée du réalisateur. Tandis que l'absence de musique (à part l'intro vitaminée et le générique de fin) donnent presque un aspect documentaire.
Seulement le film ne raconte en réalité pas grand chose. Les personnages interchangeables ne sont pas caractérisés, et il n'y a pas de vrai enjeu stratégique qui nous est exposé. Concrètement on pourrait les voir échouer ou réussir leur mission, perdre les trois quart du peloton ou les voir tous s'en sortir, ça ne changerait pas grand chose aux émotions du spectateur. La comparaison avec les scènes militaires de "Civil War" est d'ailleurs largement défavorable à ce niveau.
Et puis j'avoue que cela montre indirectement une mentalité militaire américaine qui parait risible : s'émeut peu des pertes civiles, ou de la mort d'alliés locaux. Par contre si un homme du peloton est blessé ou qu'on a laissé traîné un outil, c'est une urgence absolue !
A l'arrivée, "Warfare" est forcément un film très personnel. Toutefois ça sent surtout le besoin pour Mendoza s'exorciser un souvenir douloureux plutôt que de livrer un vrai produit cinématographique. "Warfare" n'a d'ailleurs même pas eu le luxe d'une sortie en salles en France...