Du label Sammo garanti sans bout de gras qui file un gros smile et assure le spectacle. Au menu, des combats nourris à la nitroglycérine, des exécutions salaces qui n’épargnent personne et une once d’humour parfaitement distillée pour éviter à Warriors Two de se prendre trop au sérieux. Tout ce qui fait le succès du cinoche du flic de Hong Kong en somme.
Le gros point fort du bonhomme, c’est de réussir à entretenir un rythme endiablé du début à la fin de ses films. Ici, sa recette fait encore merveille et même lorsque son histoire paraît se terminer trop tôt, il parvient à la relancer pour élever encore d’un cran le niveau des prouesses martiales qu’il met en scène. La dernière demi-heure est assez folle, un gros morceau irradié par l’énergie dingue qui anime toutes les chorégraphies martiales mises en scène.
Sans atteindre la percussion du fils prodige réalisé l’année suivante, Warriors Two est une valeur certaine de la Kung-Fu comédie, un gros moment de récréation qui n’oublie pas de ponctuer rigolades et déboitages de tibias d’une morbidité redoutable. Les gentils, comme les salauds, passent aisément l’arme à gauche, dans la douleur et les cris, une caractéristique de l’œuvre de Sammo qui fait toujours son effet. Même une jolie jeune fille courageuse, porteuse d’une certaine innocence, n’est pas à l’abri de finir en brochette orientale, c’est dire si l'homme est bien loin de se laisser happer par un quelconque idéal manichéen qui élargirait le public cible de ses bobines.
Mais le plus impressionnant dans tout ça, c’est que ce genre de film passe l’épreuve des années avec les honneurs. Si l’on excepte certains bruitages un peu trop typés cartoon, près de quarante ans plus tard, Warriors Two n’a rien perdu de sa superbe et parvient, sans aucun mal, à écarquiller les yeux d’un public pourtant tristement blasé.