Pour votre sécurité, ne touchez pas au Trimaran de Kevin Costner

Il a été garde du corps de Whitney Houston, agent fédéral intègre nettoyant Chicago du crime aux cotés de Sean Connery et Andy Garcia, gangster en fuite se liant d’amitié avec un gosse. Quoiqu’il fasse, qu’il soit sur la terre ferme ou dans l’eau, Kevin Costner, il gère, il fait parti des hommes de la situation. Preuve en est une nouvelle fois dans Waterworld, version aquatique de Mad Max. Veillez à pratiquer les bases de la nage avant visionnage…


Max Max avait son Mel Gibson, Waterworld a son Kevin Costner



Le futur. Les glaces des pôles ont fondu et la Terre repose sous une
masse d'eau. Ceux qui ont survécu se sont adaptés à un monde nouveau…



Durant une bonne décennie, Kevin Costner a hérité la place de choix d'homme le plus sexy d'Hollywood, mais aussi une place parmi les acteurs les plus charismatiques du cinéma Américain. Un acteur à la carrière riche, capable de passer du registre de la comédie romantique au thriller efficace, du drame historique au film Post Apo.


Le film du genre Post Apo, on va en parler aujourd’hui puisque je découvre seulement maintenant Waterworld. Dans Mad Max, on cherchait de l’essence et de l’eau, à Waterworld, on cherche de la terre ferme pour pouvoir gambader tout simplement parce qu’on est fait pour marcher sur terre. On a des pieds, des mains, on n’est pas fait pour rester dans l’eau. Un de nos personnages nous le rappelle, juste au cas où.


Dans Waterworld, voila qu’on apprend que Kevin Costner n’est pas un homme comme les autres. Doté de branchies derrière les deux oreilles et de pieds palmés, Kevin, rebaptisé ici « Mariner », tout du moins dans le générique de fin, n’est ni plus ni moins qu’un mutant mi homme/mi poisson au caractère de véritable bad boy au grand cœur. Il parle le « Portugrec », ses boucles d’oreilles coquillages « faits main » lui vont étonnamment bien, il use du cordage de son Trimaran avec une aisance impressionnante, et a navigué plus loin qu’un homme ne peut l’imaginer. Il est peut être un peu trop mystérieux et asocial, Mariner, il respire sous l'eau et nage aussi bien si ce n'est mieux que le meilleur des nageurs. Et il faut le voir pêcher des gros poissons !


Toutes ses aptitudes l’aideront à s'en sortir dans ce nouveau monde totalement recouvert d’eau à cause du réchauffement climatique ayant causé la fonte des glaces. L'humanité vit désormais sur des atolls artificiels. Il était tranquille Mariner, écumant les océans à bord de son Interceptor aquat… son Trimaran truffé de gadgets bien bad ass, et là POUF, voila que débarque dans sa vie Helen et sa petite fille Enola, bavarde et adepte de la répartie. Toutes deux tapent l'incruste sur le navire de Mariner après l'attaque des Smockers sur la plateforme flottante sur laquelle elles vivaient. Quelques secondes après sa présentation, on apprend qu’Enola, possède un tatouage étrange dans le dos. Pas n’importe quel tatouage ! Une légende raconterait qu’il existerait une terre encore émergée. On lui a même donné un nom : Dryland. Justement, son emplacement semble être indiqué sur le tatouage d’Enola.


PAF, cette info rapidement apprise, les Smokers, vilains pirates sanguinaires commandés par Le Diacre (Dennis Hopper), mi-Capitaine Crochet/mi-Toecutter en mode méchant nouvellement borgne, profitent d’un moment d’excursion sous marine entre Mariner et Helen pour kidnapper Enola. Sous toute cette couche de Bad Asserie, un petit cœur c’est mis à battre. Mariner, n’écoutant que son courage et sa soif de justice, se lance à la poursuite des barbares. S’en suivra cascades, courses poursuites en scooter des mers, fusillades et bagarres héroïques accompagnées par des musiques signées James Newton Howard.



Si vous avez eu la gentillesse de remarquer la façon dont le sang
pisse de mon crâne, vous serez d’accord pour dire qu’on a tous eu une
journée dégueulasse !



Rien n’est gratuit sur Waterworld


Waterworld, surnommé « film de la honte » par bon nombre de spectateurs. Ce film mérite-t-il autant de haine ? Il est vrai que pendant une bonne demi-heure, j’ai été à deux doigts de tout couper et donner raison aux détracteurs. Au départ, Mariner n’est pas le genre de type auquel on éprouve une once de sympathie. Plutôt détestable l’homme poisson filtrant son pipi pour faire de l’eau, cultivant des citrons et repoussant les avances d’une maman solo prête à donner son corps pour que sa fille survive.


Il y tient à son bateau. Homme, femme, enfant, même tarif : tenez-vous bien ou gare à vos cheveux ! Aucune distinction, Mariner met tout le monde sur un pied d’égalité et te traite mal si jamais tu as le malheur de trop parler ou toucher à ses affaires fraichement récoltées dans les profondeurs sous marines.


Pas très gentleman et plutôt violent pour un héros ! Non, n’éteins pas la télé ! Heureusement, la répartie de la petite Enola tenant tête à n’importe qui même au bad guy de notre histoire (ce qui lui vaudra d’obtenir définitivement sa place au sein des méchants les plus insipides de l’histoire du cinéma), a visiblement plu à Mariner se montrant sous son meilleur jour. Il va même apprendre à nager à notre gamine lors d’une séquence remplie de tendresse! C’est ti pas mignon ? L’homme violent et insensible capable de lever la main sur des femmes et foutre des gamins qui ne savent pas nager à la flotte, n’était qu’un leurre. On devait s’y attendre face à quelqu’un tenant fermement à ses plantations et son stock d’objets inutiles. Pardon de t’avoir mal jugé Mariner !



T’es sûr qu’elle en vaut la peine ? Non mais c’est vrai, elle arrête
pas de parler, elle sait pas se taire c’est infernal.



Qu’on se le dise, il y a une marge entre Mad Max et Waterworld. Ca manque de peps, les effets spéciaux datent, Dennis Hopper mal dirigé joue le méchant inoffensif ridiculisé comme jamais, la violence trop soft frustre, et clou du spectacle, ce film post apo pompe sans scrupules les idées de Mad Max en usant maladroitement de l’alternative de vie marine pour éviter de trop jouer les copieurs. Pour le récit original, on repassera.


Par contre, en ce qui concerne l’esthétisme, la mise en scène, le look des personnages, les quelques punchlines et l’action, vous n’aurez pas perdu votre temps. Comptez sur le charisme, la classe et l’énergie légendaire de Kevin Costner pour vous offrir un sacré spectacle. L’univers Steampunk aquatique, il est très beau, fascine par sa mise en valeur magnifiquement exploitée, la petite Enola interprétée par l’adorable Tina Majorino brille au point d’écraser la performance de Dennis Hopper, et en prime, on prend plaisir à suivre les protagonistes lancés dans une course poursuite épique. Tout cela arrive pour ma part à suffire pour rehausser le niveau de ce Waterworld, éternel incompris. Encore un !

Jay77
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le 14 juil. 2019

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