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When horror sucks
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le 29 mai 2024
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Le film jouissait déjà d’une petite réputation, mais je ne m’attendais pas forcément à découvrir quelque chose d’aussi singulier, notamment dans la manière dont il construit son univers et traite la possession.
Tout commence dans une communauté rurale assez isolée, peuplée de gens qui semblent s’être éloignés de la ville pour vivre à l’écart. Deux frères découvrent que, chez l’une de leurs voisines, un homme est atteint d’un mal particulièrement repoussant. Son corps est couvert de boutons, de plaies et de pustules, tandis que son comportement laisse comprendre qu’il n’est plus vraiment lui-même.
Cet homme est ce que le film appelle un "incarné". Une personne possédée dont la présence peut provoquer autour d’elle une véritable contamination. C’est d’ailleurs l’une des idées les plus intéressantes du film. Au départ, on ne sait pas exactement à quoi on a affaire, car les personnages parlent de cette possession comme s’il s’agissait d’une maladie connue, avec ses symptômes, ses règles et ses protocoles. Le surnaturel est traité comme une épidémie, ce qui donne immédiatement au film une identité particulière.
On comprend progressivement que ce phénomène existe depuis longtemps dans cet univers. Il y a des procédures à suivre, des gestes à éviter et des personnes qui savent comment intervenir. Le film laisse deviner tout un passé autour de ces incarnés sans jamais chercher à tout expliquer. Cette retenue rend la menace encore plus inquiétante, puisque le mal semble obéir à des règles que les personnages connaissent mal ou qu’ils sont incapables de respecter correctement.
On croit qu'on est dans un monde exactement comme le notre, mais non, il semble totalement marqué par ce phénomène.
La situation se transforme rapidement en une sorte de fuite frénétique. Les deux frères doivent rejoindre la ville, récupérer les enfants, retrouver leur mère et tenter de contenir quelque chose qui les dépasse complètement. On sent très vite qu’ils assistent au début d’une catastrophe beaucoup plus vaste et que personne, pas même les personnages les plus vulnérables, ne sera nécessairement épargné.
Le film possède donc énormément de richesses.
Son univers est suffisamment dense pour donner l’impression qu’il aurait presque pu être développé sous la forme d’une série. Certains personnages semblent porter tout un passé que le récit ne fait qu’effleurer, notamment cette femme qui occupe le rôle assez classique de la mentor. Elle connaît le phénomène, semble déjà avoir vécu un drame lié aux incarnés et apporte avec elle une histoire qui aurait mérité d’être davantage approfondie.
Le principal problème vient malheureusement des limites techniques du film. On sent parfois un manque de moyens, aussi bien dans la mise en scène que dans certains effets pratiques. Quelques passages violents, comme certains coups portés à la tête, manquent franchement de crédibilité et peuvent nous sortir de la scène. Les acteurs ne sont pas toujours totalement convaincants non plus. Aucun n’est vraiment mauvais, mais peu parviennent à donner une puissance supplémentaire aux moments les plus dramatiques.
La réalisation est également assez inégale. Certaines séquences d’action utilisent une caméra à l’épaule trop agitée et pas toujours très bien maîtrisée. Cela rend parfois les événements difficiles à suivre, alors que le film gagnerait justement à prendre davantage son temps et à laisser son atmosphère travailler.
Car lorsque When Evil Lurks ralentit, il devient beaucoup plus efficace.
La meilleure partie du film se déroule probablement dans une école plongée dans la pénombre. Deux personnages y avancent au milieu d’enfants dont le comportement devient de plus en plus inquiétant. Il ne se passe pas forcément grand-chose à l’écran, mais les sourires de ces enfants suffisent à rendre la scène profondément malsaine. Le film comprend alors qu’il n’a pas besoin d’accumuler les effets sanglants pour créer une image marquante.
L’ambiance de cette séquence m’a d’ailleurs rappelé l’école de Silent Hill sur PlayStation, avec ses couloirs obscurs, son silence et cette impression que tout ce qui nous entoure peut cacher quelque chose. On peut également ressentir une certaine influence du cinéma d’horreur japonais dans cette manière de transformer des enfants immobiles et souriants en une menace presque abstraite. C’est subtil, extrêmement simple et pourtant bien plus terrifiant que plusieurs scènes beaucoup plus démonstratives.
C’est aussi là que le film montre tout son potentiel. Lorsqu’il laisse respirer son univers, qu’il ne cherche pas à courir d’une catastrophe à l’autre et qu’il nous rapproche lentement de l’horreur, il devient véritablement impressionnant.
Le résultat reste donc assez inégal. Certaines scènes sont remarquablement pensées et filmées, tandis que d’autres souffrent de choix de réalisation maladroits ou d’effets peu convaincants. Ces défauts peuvent parfois abîmer le visionnage, mais ils ne suffisent pas à faire oublier tout ce que le film réussit.
When Evil Lurks reste une proposition particulièrement originale, avec une conception de la possession beaucoup plus riche que la moyenne. Ce n’est probablement pas un film que je conseillerais à tout le monde, mais les amateurs d’horreur qui cherchent quelque chose de différent auraient tort de passer à côté. Malgré ses imperfections, il n’a clairement pas volé sa réputation.
Créée
le 25 juil. 2026
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