Notamment coproduit par Jia Zhangke, White Building nous transporte à Phnom Penh, pour un premier film cambodgien, denrée on ne peut plus rare. Son thème est assez commun dans le cinéma asiatique et même quasi universel, la destruction de vieux immeubles, abritant des populations modestes, pour faire place à des constructions modernes, avec des loyers largement augmentés. Cette gentrification programmée est la toile de fond d'un film qui semble à la fois jouer la carte du documentaire et se chercher constamment sur le terrain de la fiction. Les scènes impressionnistes se succèdent sans donner l'impression de découvrir une histoire structurée même si elle a tendance à se resserrer sur le devenir d'une famille, dans sa dernière partie. Kavich Neang s'essaie même parfois à des moments fantasmés et oniriques dans la lignée d'un Weerasethakul, sans cependant parvenir à convaincre. Il ne manque pas tant que cela au film pour séduire, peut-être un plus de fluidité et une écriture qui se disperse moins, alors que son personnage principal, dans ses tentatives de percer dans la danse, comme dans sa relation avec ses proches et notamment son père malade, avait tout pour nous toucher. On a toujours tendance à être indulgent avec les cinématographies qui donnent peu de nouvelles et il y a d'autant plus de regrets à ne pas voir White Building exploiter à fond son beau potentiel.