Je me demande souvent comment certains scripts parviennent jusqu'au stade de film à part entière. Alors qu'il subsiste un tas de projets prometteurs toujours dans les limbes, voir un "truc" comme White House Down atterrir sur nos écrans à notre époque, et ce quelques mois à peine après La chute de la Maison Blanche (que je n'ai pas vu donc je me garderai bien d'en dire le moindre mal même si ça ne sent pas très bon tout ça), à de quoi me laisser songeur.
Confié au "roi" du blockbuster patriotique bas du front, j'ai nommé Roland Emmerich, le grand frère spirituel de Michael Bay en plus sage, White House Down semble sortir tout droit d'un vidéoclub des années 90, époque relativement amusante où VanDamme, Stallone et Seagal animaient encore nos dimanches soirs. Tout y est, du scénar pompé sur Die Hard aux méchants patibulaires et au traitre "patriote", en passant par la gamine inutile et l'anti-héros au mauvais endroit, au mauvais moment.
Dénué de la moindre parcelle de surprise et de nouveauté, respectant scrupuleusement son triste cahier des charges, White House Down a de plus l'audace de ne pas être drôle au millième degré. Le ton est désespérément sérieux, si l'on excepte quelques navrantes tentatives d'humour, et manque clairement de cette folie régressive propre à un Michael Bay, tâcheron notoire cependant capable de sacrés moments de rires involontaires.
Comme endormi derrière sa caméra, Roland Emmerich ne se foule jamais niveau mise en scène, accouchant d'un actionner mou et jamais spectaculaire, extrêmement mal torché et bourré à ras bord d'effets numériques absolument dégueulasses. Et ce n'est même pas le casting soit disant prestigieux qui sauvera l'affaire, chacune des têtes d'affiche étant proprement mauvaise.
Après la parenthèse Anonymous, Roland Emmerich revient au cinéma bourrin qu'il aime tant et ce n'est vraiment pas beau à voir, White House Down n'étant même pas digne du pire DTV torché à la va-vite il y a vingt ans. C'est dire l'étendu du naufrage.