Netflix vient de récupérer un film sorti dans l'ombre en 2022, et cette semaine il ressurgit avec une hypocrisie qu'on n'attendait pas. Wife Like ne raconte pas un veuf qui remplace sa femme. Il raconte un policier qui traque un trafic dont il est lui-même client.
William est détective. Sa mission : démanteler le marché noir des humains artificiels. Sa vie privée : posséder l'un de ces mêmes modèles, calibré sur sa fiancée disparue. Meredith n'est pas née, elle a été fabriquée, reprogrammée, remise à zéro à chaque version défaillante. Un corps qu'on répare comme un objet sous garantie.
Ce n'est pas un film sur l'intelligence artificielle. C'est un film sur LA LOI QUI FERME LES YEUX SUR SES PROPRES CLIENTS. On croit regarder un thriller de science-fiction. On regarde en réalité un mode d'emploi tenu par l'homme censé l'interdire.
C'est là que le malaise s'installe. Une résistance clandestine de compagnes affranchies infiltre les rangs, et Meredith commence à dérailler du script qu'on lui a écrit. Des souvenirs qui ne sont pas les siens remontent. Le mode d'emploi se froisse, devient inutilisable.
James Bird ne filme pas une machine qui devient humaine. Il filme un système qui préfère la remettre à zéro plutôt que la laisser choisir. Chaque sursaut de conscience chez Meredith n'est pas vécu comme une victoire, mais comme une PANNE À RÉPARER D'URGENCE.
Il faut le dire aussi : la critique, elle, n'a pas été tendre. Note très faible sur AlloCiné, avis mitigés jusqu'à sévères sur SensCritique et Rotten Tomatoes, plusieurs textes pointant une mise en scène qui s'attarde sur les corps féminins plus que sur l'idée qu'elle prétend défendre. La faiblesse n'est pas qu'un ressenti : le film peine à choisir entre thriller social et exploitation, et ça se sent.
Et pourtant, ce défaut-là dit quelque chose. Un film qui prétend dénoncer la marchandisation des corps tout en filmant ces mêmes corps comme un produit, c'est une contradiction. Mais c'est aussi, sans le vouloir peut-être, la démonstration la plus honnête de sa propre thèse.
Alors qu'est-ce qu'on regarde, au juste, quand la loi et le crime portent le même visage. Le film ne tranche pas vraiment. Il laisse la question ouverte, comme UN DOSSIER JAMAIS REFERMÉ.
>> https://bit.ly/4yMLSPm